TOUT L'OEUVRE de Jean-Michel BASQUIAT

lundi 13 janvier 2025

La rébellion et la contestation du système




L'art de Basquiat est également une forme de protestation contre les institutions, qu'il s'agisse du système éducatif, du marché de l'art ou de la société en général. Il a souvent remis en question les normes établies, en particulier en utilisant des symboles et des iconographies qui défient les conventions artistiques traditionnelles.

Exemples : L'usage de graffitis, de mots et de symboles brutaux qui, au lieu de suivre une structure académique, se présentent comme des actes de rébellion contre les systèmes en place.

Bien qu’il ait connu un succès commercial rapide, Basquiat a toujours vu le marché de l'art comme un terrain de contestation. Il a critiqué la façon dont les artistes noirs étaient exploités et réduits à des stéréotypes dans le monde de l’art, tout en usant de ce même système pour affirmer sa propre position.

Son art reste une forme d’expression de la liberté, de la lutte et de l’affirmation de soi, qui continue à résonner aujourd’hui.

dimanche 12 janvier 2025

 LA FIGURE DU ROI CHEZ BASQUIAT



Selon BASQUIAT, les 3 thèmes qui définissent sont oeuvre sont :  “royalty, heroism, and the streets.”

La figure du roi est un motif récurrent dans l'œuvre de Jean-Michel Basquiat, souvent symbolisant le pouvoir, l'autorité et la lutte contre l'oppression. Basquiat, qui a émergé dans le milieu artistique new-yorkais des années 1980, utilisait des symboles et des figures emblématiques pour aborder des thèmes complexes tels que la race, l'identité et la société.


Dans ses œuvres, le roi peut représenter à la fois une figure de pouvoir et une critique de ce pouvoir. Par exemple, il peut évoquer la royauté et la noblesse, mais aussi les injustices et les inégalités qui existent dans la société. Basquiat intégrait souvent des éléments de la culture afro-américaine et des références historiques, ce qui enrichissait la signification de ses représentations.



Les couronnes, un autre symbole fréquemment utilisé par Basquiat, sont souvent associées à la royauté et à la grandeur, mais elles peuvent également être interprétées comme une revendication de la dignité et de la valeur des personnes marginalisées. En utilisant ces motifs, Basquiat a réussi à créer un dialogue puissant sur le pouvoir, l'identité et la résistance.


mardi 7 janvier 2025

GUERRIERS & MARTYRS











 BASQUIAT : GUERRIERS & MARTYRS


La figure centrale de guerrier très affirmée est aussi une forme d'allégorie de l'artiste lui-même, qui part en guerre pour se faire reconnaître, une forme d'autoportrait déguisé et de figure christique avec le halo.

Il y a un lien constant entre guerriers héroïques, saints martyrs, boxeurs gagnants et  l’artiste lui-même. On retrouve des exemples des avatars de BASQUIAT dans ce diaporama. Ses influences très variées vont des figurines guerrières congolaises Nkisi N’Kondi, la Renaissance italienne et Picasso (inspiré aussi par l’art africain.)


Musique « Downbound Train » de Bruce Springsteen.

mardi 17 décembre 2024

L'ORIGINE DU NOM DE BASQUIAT




La famille Basquiat aurait appartenu à la noblesse française dans l’actuel département des Landes en France. Aussi, l’auteur indique qu’il existait une autre branche de cette famille au Pays Basque espagnol. Cette branche se serait éteinte en 1586.

Jean de Basquiat au 16ème siècle était écuyer, il habitait la ville de Saint-Sever. Bernard de Basquiat dit baron de Toulouzette était mousquetaire de la garde du roi au 18ème siècle. Le dernier que nous trouvons dans cette généalogie est : Alexis de Basquiat, conseiller du Roi, député du tiers état de la sénéchaussée de Dax aux états généraux en 1789.

Il est tout à fait probable que des membres de la famille "de Basquiat" sont partis en exil au moment de la révolution française. Ces derniers ont vraisemblablement choisi des terres d’esclavage comme Haïti et ils auraient perdu leur particule qui était déjà un sujet épineux par le passé. Il était courant qu’en Haïti les colons transmettent leur nom à leurs esclaves.

Ce nom de famille et son évolution nous permet donc de faire le lien entre la noblesse et l’usage obsessionnel de la couronne dans l'œuvre de Basquiat. Basquiat utilise cette couronne dès ses débuts en tant que graffeur dans les rues de New York.

LES 10 PLUS BELLES CITATIONS DE BASQUIAT (TRADUITES)


Malgré son court passage sur terre, Basquiat est l’auteur de sublimes citations :


1 - « Plus je peins, plus j'aime chaque chose. »

2 - « Je préfère les dessins d'enfants aux œuvres de vrais artistes. »

3 - « Je ne pense pas à l'art quand je travaille. J'essaie de penser à la vie. »

4 - « Je ne suis pas un artiste noir, je suis un artiste. »

5 - « Je voulais être une star, pas la mascotte d'une galerie. »

6 - « Je veux faire des tableaux qui ont l'air d'avoir été peints par un enfant. »

7 - « Je n'écoute pas ce que disent les critiques d'art. Je ne connais personne qui ait besoin d'un critique pour savoir ce qu'est l’art."

8 - « Depuis que j'ai 17 ans, j’ai toujours pensé que je pourrais être une star. Je pense à tous mes héros, Charlie Parker, Jimi Hendrix... J’ai un sentiment romantique sur la façon dont ces gens sont devenus célèbres. »

9 - « Croyez-le ou non, je sais dessiner. »

10 - « Je ne suis pas une vraie personne. Je suis une légende. »

 

dimanche 3 décembre 2023

  BASQUIAT & SON PÈRE



Les rapports de Basquiat avec sa famille semblent avoir toujours été conflictuels. Il raconte à ses petites amies et à ses galeristes que son père le battait quand il était enfant (Gérard Basquiat le nie, disant n’avoir jamais fait que fesser son fils avec une ceinture). “Ma mère est devenue folle parce qu’elle était malheureuse avec mon père”, confie-t-il à un journaliste. 

Il se faisait aussi passer pour un enfant des rues. “L
a première fois que j’ai rencontré son père, avec son costume trois pièces et sa raquette de tennis, je suis resté sous le choc, dit Gallo. Jean s’était forgé une identité de gamin issu du ghetto et qui n’aspirait qu’aux attributs de la bourgeoisie.”

Basquiat raconte même que son père lui a donné un coup de couteau. “Il avait une petite cicatrice sur les fesses”, dit un ami. “J’étais un père strict, mais pas sévère, se défend Gérard Basquiat. Je viens d’une famille aisée d’Haïti, d’un milieu où j’ai reçu une solide éducation fondée sur la discipline. C’est comme ça que j’ai élevé mon fils. Ecrivez ce que vous voulez sur Jean-Michel qui était soi-disant un enfant battu. Je sais que c’est faux.” On peut comprendre la colère de Gérard Basquiat. “En tant que père seul avec ses enfants, je subissais une énorme pression. Mais je n’ai aucun regret. La toxicomanie de Jean-Michel est pour moi une grande source de culpabilité. Je n’étais pas au courant. Si tel avait été le cas, je l’aurais envoyé en cure.”

“Est-ce qu’on a été battus quand on était petits ?, s’étonne Lisane, la soeur de Basquiat. Non. Si mon père était violent avec nous ? Absolument pas. On a pris des raclées comme tous les gamins. Je ne veux pas gâcher votre article, mais tout ça n’est qu’un tissu de mensonges.” Jean-Michel vit une relation d’amour-haine avec son père, faisant parfois tout pour lui plaire, à d’autres moments semblant le provoquer délibérément.

Jean-Michel fait presque exprès de mal gérer son argent (alors que Gérard, comptable, lui a plusieurs fois proposé son aide). Les slogans SAMO© ridiculisent les valeurs chéries par son père. “Cette ville grouille de faux-culs de la classe moyenne qui essaient de se faire passer pour riches ; ils ne s’intéressent qu’aux apparences. Ça me rend dingue. Dès son plus jeune âge, son objectif avoué était de devenir célèbre, et il s’y attelle de manière calculée, bien qu’erratique. “Jean-Michel a écrit son propre scénario, dit Mary-Ann Monforton, qui l’a connu quand il avait 16 ans. Il avait une mission à accomplir. Il voulait à tout prix devenir quelqu’un.”



Le lendemain de son premier vernissage, Basquiat fait un retour triomphal à Brooklyn en limousine. “Il devait être 6 h 30 et j’étais en train de m’habiller, dit Gérard Basquiat, qui n’avait eu son fils que deux fois au téléphone depuis qu’il avait quitté la maison. Jean-Michel portait un costume rayé. Il est entré dans la cuisine et m’a dit : ‘Papa, ça y est, j’ai réussi.’ Et il a donné une liasse de billets à sa petite soeur Jeanine.” Gérard a assisté au vernissage de l’exposition suivante : “Quand je suis entré, j’en ai eu des
frissons. C’était l’un des plus grands moments de ma vie, voir du Basquiat sur les murs, ma chair et mon sang.”

A partir de là, Gérard Basquiat fait partie de la vie artistique de son fils par intermittence. Il vient aux vernissages et dans les clubs, et invite même Andy Warhol à dîner chez lui. 


Jean-Michel a sans doute été un enfant indiscipliné. Mais quand on pense à sa personnalité, à ses terribles sautes d’humeur, à sa paranoïa, ce n’était pas dû qu’à un problème de drogue. Il était obsédé par son père.


BASQUIAT & SON PÈRE`


Basquiat entretenait une relation complexe avec son père autoritaire, Gérard Basquiat. Les tensions entre eux ont souvent conduit à des conflits, et à l'adolescence, Jean-Michel a fini par quitter la maison familiale après une dispute violente pour aller vivre dans la rue.
Le manque d’un soutien paternel émotionnel a peut-être contribué à l’errance et à la souffrance intérieure de Basquiat. Il a souvent exploré les thèmes du rejet, de la solitude et de l’identité dans ses peintures. Son besoin de reconnaissance, notamment auprès d’Andy Warhol et de Bruno Bischofberger, peut être interprété comme une tentative de combler ce vide.
Basquiat a souvent intégré des figures paternelles symboliques dans ses peintures. On retrouve des références aux rois, aux boxeurs, aux musiciens de jazz comme Charlie Parker ou Dizzy Gillespie – des hommes noirs qui ont marqué l’histoire et auxquels il s’identifiait.
Basquiat oscillait entre la recherche d’une validation masculine et le rejet des figures autoritaires. Cette dualité se traduit dans son art par la représentation de personnages couronnés, symbolisant le pouvoir, mais aussi la vulnérabilité et l’isolement.






 



LES DERNIERS JOURS DE BASQUIAT



Le vendredi 12 août était une nouvelle journée de canicule. Kelly Inman s’inquiétait. Cette jeune femme de 22 ans qui vivait au rez-de-chaussée de l’immeuble de deux étages qu’Andy Warhol louait à Jean-Michel Basquiat au 57 Great Jones Street savait que le peintre avait l’habitude de dormir toute la journée. Vers 14 h 30, quand elle monta voir s’il allait bien, Basquiat était profondément endormi dans son immense lit. Vers 17 h 30, il reçut un appel et Kelly remonta lui transmettre le message. Cette fois, elle le trouva étendu sur le sol, face contre terre. Elle appela les urgences. L’ambulance emmena Jean-Michel Basquiat, mais il était trop tard. 


Artiste mondialement célèbre et toxicomane de longue date, il s’est éteint à 27 ans. Basquiat rentrait d’un séjour de plusieurs mois à Hawaii. C’est généralement là qu’il allait se sevrer, se contentant d’alcool et de marijuana dans un ranch qu’il louait à Hana sur l’île de Maui. Il était rentré en pleine forme et s’apprêtait à repartir, cette fois en Afrique, avec quelques amis (à qui il offrait le billet d’avion, comme d’habitude).

“Quand je suis à Hawaii, je ne pense pas à la drogue”, avait-il confié à son vieil ami Vincent Gallo. “Faut que je sorte de New York.” 

Il a dit qu’il allait s’acheter une clarinette et qu’on allait refaire de la musique ensemble. Du jazz-rap. Quand je lui ai demandé ce que c’était, j’ai perçu une étincelle dans son regard. Il m’a répondu : ‘Tu comprendras dès qu’on s’y mettra.’” 

Mais le jeudi 11

, Basquiat a replongé. Des amis disent l’avoir vu traîner dans l’East Village, vraisemblablement en quête de drogue. L’après-midi, il piquait du nez. “Il est tombé deux fois de sa chaise alors qu’il peignait”, rapporte un ami passé à son atelier ce jour-là.


“Il n’était pas en grande forme, dit Kelly d’une voix tremblante, mais c’était bon de le voir sortir de chez lui. Il m’a donné une tape sur l’épaule, m’a serré la main et m’a dit : ‘J’en ai vraiment marre.’ Je lui ai dit que moi aussi. Il m’a dit ‘je t’aime’, j’ai répondu ‘je t’aime aussi’.”

Kelly, une beauté androgyne au nez piercé d’un minuscule diamant, se met à pleurer. Elle a rencontré Basquiat un an plus tôt.

“Un jour, il m’a dit que les seuls artistes vraiment importants étaient ceux qui étaient morts jeunes”, confie Kelly Inman.


Basquiat est bouleversé par la mort de WARHOL. “Il a fait une grave dépression, dit Brathwaite. Il pleurait beaucoup et portait un brassard noir. Basquiat devient de plus en plus solitaire. Jusqu’à ne plus quitter son loft de Great Jones Street. De temps en temps, il essaie de se sevrer. “Sa productivité a beaucoup chuté, explique un ami. Contrairement à sa production artistique, sa consommation de drogue ne fait qu’augmenter.


La dernière tentative de sevrage de Basquiat commence en juin, quand il part à Hawaii. Il parle de s’y installer, de devenir cuisinier dans un restaurant et de pêcher du poisson pour vivre. “Je lui ai dit de ne pas revenir, dit Kelly Inman. Je lui ai dit que je lui enverrais du matériel pour peindre. Mais il a fini par s’ennuyer et est rentré à New York.”


Jean-Michel Basquiat n’a pas laissé de testament. Il est enterré en août 1988 au cimetière Greenwood de Brooklyn à l’issue de funérailles familiales en comité restreint.

lundi 27 novembre 2023

L'INTÉRIEUR & L'EXTÉRIEUR CHEZ BASQUIAT

                                   

                       CLÉS DE LECTURE : L’INTÉRIEUR ET L’EXTÉRIEUR CHEZ BASQUIAT 


L’art de Basquiat est originaire de la rue et des graffiti de son époque SAMO© à la fin des années soixante dix. Il s’agissait essentiellement d’inscriptions poétiques et de symboles. Il intervenait donc à l’extérieur en laissant sa trace sur les murs de New York.




Il a ensuite dès 1981 réintégré son art graphique à l’intérieur, dans les galeries et musées tout en restant à l’extérieur : ses premières oeuvres ont été réalisées sur des matériaux de récupération trouvés dans la rue et en conservant son style de grapheur dans ses premières oeuvres qui reproduisaient les murs de la ville et évoquaient l’environnement urbain.



                                                                  CADILLAC MOON 1981


Dès le début on trouve aussi dans son art la représentation de l’intérieur anatomique des corps, inspirée par la lecture assidue du traité d’anatomie de Gray offert par sa mère quand il était petit.

Sa vision procède comme des rayons X en montrant l’intérieur des crânes par exemple :



                                                                         SKULL 1981


Ce va et vient entre extérieur et intérieur parcourt tout l’oeuvre de Basquiat. Le monde extérieur comme ses démons intérieurs ne lui laisse pas de répit et ses addictions lui permettent de se réfugier dans un intérieur plus « supportable ». Par ailleurs sa position extérieure d’artiste noir isolé dans un marché de l’art résolument blanc l’a fortement marginalisé en le conscientisant. Il l’a abondamment traité dans ses oeuvres. Citons Slave Auction 1982, Defacement 1983 et El Gran Espectaculo (The Nile) 1983.

Ce qu’on a appelé le « monologue intérieur » de Basquiat (le fameux « stream of consciousness » de Joyce) est une succession poétique de signifiants, mots, symboles et inscriptions parfois rayées ou effacées qui sonnent comme un morceau de hip-hop ou de rap précoce.

Cet aspect de son oeuvre disparait progressivement dans la dernière période de sa production, après 1985, ses toiles sont moins sophistiquées et son dialogue intérieur devient inaudible. Les superpositions de couches de peinture héritées du « pentimento » classique (technique du « repentir ») disparaissent au profit d’à-plats simples comme dans Glassnose de 1987 :



                                                                     GLASSNOSE 1987

                                                                   

Son art change brutalement après la collaboration avec Andy Warhol qui l’a littéralement « cannibalisé » : en effet les ajouts graphiques de Basquiat sur la centaine de sérigraphies de Warhol en 1984/1985 relèvent plus de graffiti que d’oeuvre picturale, ce qui peut expliquer le succès limité de leur exposition commune. Basquiat qui était depuis trois ans un artiste reconnu semble avoir régressé à ses propres yeux en position d’apprenti de la Factory, le royaume de Warhol, où il est marginalisé, rejeté à l’extérieur.



                                      Collaboration Basquiat/Warhol  ARM & HAMMER 1984


Basquiat s’est ensuite fâché avec Warhol  mais ne s’est pas remis du décès de son ami en 1987 qui l’a aspiré à l’intérieur de lui-même comme un vortex. Il s’est alors fermé définitivement au monde extérieur.

Sa consommation de drogue a augmenté et sa production artistique a chuté. Il est décédé d’une overdose de speedball (mélange d’héroïne et cocaïne) le 12 août 1988.                                                                        

On aurait dit qu’il n’entendait plus le monde extérieur et que désormais il ne relayait plus que ses propres voix intérieures. Il dira d’ailleurs peu de temps avant sa mort en 1988 qu’il avait l’intention de cesser de peindre pour se consacrer à l’écriture. Ses dernières oeuvres comme Riding with Death (1988) relèvent plus comme Glassnose du dessinateur de bande dessinée que de l’immense artiste novateur qu’il avait été de 1981 à 1984.


                                                                                   Stéphane CZYBA, novembre 2023.


Bibliographie : Jean-Michel Basquiat and the Quest for a New Semiotic Machine de John David Ebert.


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