BASQUIAT ET LA BANDE DESSINÉE
MAGIC WORMS, dessin de 1984, réunit plusieurs éléments culturels chers à Basquiat, qu’il trouvait dans la lecture de dans la presse écrite, aussi bien la publicité, les « cartoons » et « comics », bandes dessinées bon marché dont il était friand. On y trouve comme toujours des références à l’histoire, l’anatomie, l’architecture classique, qu’il énumère sous forme de liste.
Il fait aussi un clin d’oeil au jazz avec le mot « Crazology » extrait du titre de l’album Crazeology de Charlie Parker des musiciens favoris.
Un des amis de Basquiat a écrit qu’il dévorait tout les écrits, les photos et les images qui lui tombaient sous la main pour les digérer et les restituer en une nouvelle expression étonnante ; il travaillait aussi avec son téléviseur allumé en permanence :
“He ate up every image, every word, every bit of data,” Glenn O’Brien has written, “and he he processed it all . . . into a bebop cubist pop art cartoon gospel that synthesized the whole overload we lived under into something that made an astonishing new sense”. (Glenn O’Brien, quoted in Dieter Buchhart, ed., Basquiat: Boom for Real, Barbican Art Gallery, London, 2017, p. 189)
Basquiat a dit utiliser les mots dans ses oeuvres comme des touches de peinture. Il essayait de remettre de l’ordre dans cette cacophonie de données « multimedia. »
Exemples de page de petites annonces et de bandes dessinées dont s’est inspiré Basquiat pour Magic Worms :
« MAGIC WORMS » est aussi la « Pierre de Rosetta » de Basquiat, son lexique et sa syntaxe en quelque sorte. Ce dessin annonce « ONION GUM 2 » (1985) « ONION GUM 1» (1983), « UNTITLED (MAGIC WORMS)» (1984), « MT » (1984), « ALTO SAXOPHONE » (1986).
Les éléments décrits étaient présents dans deux cartes postales peintes par Basquiat en 1978 :





