TOUT L'OEUVRE de Jean-Michel BASQUIAT

lundi 18 mai 2026

SELF PORTRAITS


 

LES AUTO-PORTRAITS


Les autoportraits chez Jean-Michel Basquiat ne sont jamais des “portraits” au sens classique. Ce sont des radiographies mentales : il s’y représente comme une énergie, un corps traversé par l’histoire, la violence, la célébrité et l’identité noire dans l’Amérique des années 80.

Affirmation de soi : il se donne sa propre “couronne” (motif récurrent) et de son identité noire affirmée dans un monde artistique dominé par les blancs

Basquiat se définit aussi par le regard de l’autre (et du système) dans une fabrication consciente de son propre mythe.

Ses auto-portraits sont émotionnels plutôt que physiques, ils traduisent une violence intérieure, une pression de la montée fulgurante. Le visage devient alors un champ de bataille.

Les dessins montrent que son obsession du visage était quotidienne, presque compulsive ainsi qu’une auto-analyse permanente et parfois une vraie peur de disparition.

Chez lui, le visage n’est jamais stable. Il se transforme sans cesse en : masque, crâne, roi, spectre, enfant, icône et victime.

C’est peut-être pour ça que ses autoportraits semblent encore contemporains : ils ne montrent pas une identité fixe, mais une identité en lutte.


dimanche 17 mai 2026

SAINTS & MARTYRS

 







SAINTS & MARTYRS, UNE THÉOLOGIE DU RÉEL

Chez Jean-Michel Basquiat, les figures de saints et de martyrs ne sont jamais religieuses au sens traditionnel. Elles sont plutôt urbaines, politiques, raciales, et profondément liées à l’histoire noire et à la violence du monde contemporain.

Basquiat invente ses propres saints.Ils ne viennent pas de l’Église, mais de la rue, du sport, du jazz. Le martyr est un saint que la société a détruit mais qui a survécu.

Il couronne ses figures (avec sa fameuse couronne à trois pointes) → acte de canonisation. Ses triptyques rappellent les rétablissement les religieux.

Il sacralise des héros noirs souvent oubliés : boxeurs, musiciens, anonymes. Il transforme des figures marginalisées en icônes sacrées contemporaines.

👉 Exemple clé : Charles the First en référence à Charlie Parker « Bird »
Une sorte de saint laïc du jazz, entre hommage et élévation.

Chez lui, être “saint”, c’est survivre, créer et exister dans un monde hostile.

Basquiat mélange deux traditions, l’imagerie chrétienne (martyr, sacrifice, élévation) et l’imagerie scientifique (os, organes, dissections.) Le corps devient à la fois relique sacrée et objet d’étude violent.


samedi 2 mai 2026

LA SÉRIE DE MODÈNE

 






La première exposition personnelle de Basquiat se tient en 1981 à la Galleria d’Arte Emilio Mazzoli à Modène, à l’époque encore sous le pseudonyme SAMO© qu’il inscrivait à la bombe aérosol sur les wagons et les parois du métro new-yorkais.

Basquiat est invité l’année suivante par le galeriste italien Emilio Mazzoli à travailler dans sa galerie de Modène. Attiré par des toiles vierges aux dimensions exceptionnelles laissées par d’autres artistes avant lui, il les utilise pour ses propres tableaux. Il produit ainsi un groupe d’œuvres de chacune plus de deux mètres sur quatre, plus grandes et différentes de tout ce qu’il avait peint jusque là. En apposant l’indication « Modena » et sa signature au dos des toiles, il les désigne comme un groupe d’œuvres cohérent.

En une semaine, il produit huit grandes toiles destinées à une exposition. Basquiat déclare alors : « Ils ont organisé les choses de telle manière que je doive produire huit tableaux en une semaine », et il compare son travail dans l’entrepôt à « une usine, une usine malsaine. J’ai détesté. »

Ensuite, des désaccords opposent les galeristes Annina Nosei, qui représente Basquiat à New York depuis fin 1981, et Emilio Mazzoli, entraînant l’abandon du projet d’exposition à Modène. Au final, Mazzoli règle Basquiat pour les œuvres produites et l’artiste retourne à New York. Les toiles sont vendues à plusieurs personnes et dispersées.

Elles ont été réunies en 2023 à la Fondation Beyeler de Bâle. Ce sont aujourd’hui parmi les oeuvres les plus belles et les plus chères de BASQUIAT.

SELF PORTRAITS

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