LES AUTO-PORTRAITS
Les autoportraits chez Jean-Michel Basquiat ne sont jamais des “portraits” au sens classique. Ce sont des radiographies mentales : il s’y représente comme une énergie, un corps traversé par l’histoire, la violence, la célébrité et l’identité noire dans l’Amérique des années 80.
Affirmation de soi : il se donne sa propre “couronne” (motif récurrent) et de son identité noire affirmée dans un monde artistique dominé par les blancs
Basquiat se définit aussi par le regard de l’autre (et du système) dans une fabrication consciente de son propre mythe.
Ses auto-portraits sont émotionnels plutôt que physiques, ils traduisent une violence intérieure, une pression de la montée fulgurante. Le visage devient alors un champ de bataille.
Les dessins montrent que son obsession du visage était quotidienne, presque compulsive ainsi qu’une auto-analyse permanente et parfois une vraie peur de disparition.
Chez lui, le visage n’est jamais stable. Il se transforme sans cesse en : masque, crâne, roi, spectre, enfant, icône et victime.
C’est peut-être pour ça que ses autoportraits semblent encore contemporains : ils ne montrent pas une identité fixe, mais une identité en lutte.

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