samedi 2 mai 2026
samedi 18 avril 2026
lundi 13 avril 2026
ARGENT, CÉLÉBRITÉ & ALIÉNATION CHEZ BASQUIAT
Jean-Michel Basquiat entretenait une relation complexe avec les marchands d’art, un aspect central de sa vie et de son héritage.
En 1981, l'écrivain et critique d'art René Ricard a publié l'article The Radiant Child dans Artforum, ce qui a catapulté Basquiat au centre de l'attention du monde de l'art.
Basquiat a vendu des œuvres à des prix astronomiques pour son époque, devenant l’un des jeunes artistes les mieux payés de son temps. Il a malheureusement dépensé le plus clair de son argent dans les drogues.
Ce succès commercial a aussi contribué à son isolement. Il exprimait souvent son inconfort face à la marchandisation de son art, le sentiment qu’il perdait le contrôle de son propre travail dans un marché qui valorisait davantage les profits que la vision artistique. Il se sentait écartelé entre succès, exploitation et perte d’identité.
Basquiat a souvent dénoncé le racisme latent dans le monde de l'art. En tant qu’artiste noir dans un univers majoritairement blanc, il était à la fois fétichisé et marginalisé. Il sentait que certaines personnes ne voyaient pas au-delà de son image d’"enfant prodige noir", reléguant ses œuvres à un exotisme plutôt qu’à un véritable génie artistique. Il a dit : "I’m not a black artist, I’m an artist. »
Il s’est identifié dans des figures noires célèbres du sport et de la musique comme Charlie Parker, Hank Aaron qu’il percevait comme des martyrs victimes de leur aliénation, dévorés comme lui par le système.
vendredi 13 mars 2026
BASQUIAT & LES OBJETS PEINTS
BASQUIAT & LES OBJETS PEINTS
Jean-Michel Basquiat a souvent peint SUR des objets du quotidien, de telle sorte qu'il les transforme en symboles culturels, politiques ou personnels. Il utilisait souvent des supports trouvés plutôt que des toiles traditionnelles. Ces objets deviennent des tableaux tridimensionnels en volume.
Basquiat récupérait souvent des portes dans la rue ou dans des bâtiments abandonnés. Les charnières, poignées et fissures faisaient partie de la composition. Cela donne un aspect brut et improvisé, proche du graffiti. Idem pour les cadres de fenêtres, la structure du cadre servait souvent à diviser l’image. Il s’agissait de garder l’esprit du graffiti et de la rue, de casser la tradition de la toile classique et intégrer l’objet dans l’œuvre, comme un fragment de la réalité. Il visait aussi à détourner le langage commercial et publicitaire (comme Warhol) pour le transformer en art.
Objets utilisés :
Des réfrigérateurs, casques, vêtements, meubles, assiettes, punching balls, palettes de transport, cadres de fenêtres, panneaux publicitaires, etc.
Entre 1983 et 1984 Basquiat a dessiné 45 portraits d'artistes et créateurs sur des assiettes blanches au marker noir. C'est Andy Warhol qui possédait la collection. Le galériste Bruno Bischofberger a publié un catalogue de cette collection en 1996.
dimanche 1 mars 2026
Les TÊTES & CRÂNES chez BASQUIAT
LES TÊTES & LES CRÂNES chez BASQUIAT
À l’occasion de la rétrospective « Headstrong – Basquiat on Paper » au musée danois Louisiana Museum of Modern Art (30 janvier – 17 mai 2026), je vous propose un diaporama de la plupart des « têtes » et « crânes » que j’ai recensés chez BASQUIAT.
Chez Basquiat, la tête est souvent isolée du corps, flottante ou disproportionnée. Elle condense toute la puissance expressive de son œuvre.
Elle symbolise :
- L’intellect et la conscience
- L’identité noire et l’histoire afro-américaine
- La subjectivité et la mémoire
Contrairement au portrait classique, ses têtes ne cherchent pas la ressemblance fidèle. Elles sont expressives, fragmentées, parfois traversées de mots, de chiffres ou de signes. Les têtes de Basquiat rappellent parfois les masques africains traditionnels.
Beaucoup de ses figures portent une couronne, motif iconique chez lui. Elle transforme la tête en symbole de dignité et acte de réappropriation du pouvoir, c’est aussi un hommage aux figures noires (musiciens, boxeurs, héros culturels)
Le crâne chez Basquiat n’est pas seulement un symbole de mort (comme dans les vanités classiques). Il évoque :
- La vulnérabilité du corps noir
- La violence sociale et raciale
- La mortalité universelle
- Une énergie vitale presque électrique
Ses crânes semblent souvent « ouverts », laissant apparaître dents, orbites, cerveau suggéré — comme si l’intérieur était aussi important que l’extérieur. Ils vibrent, éclatent, crient presque. La tête devient un champ de bataille entre vie & mort, intérieur & extérieur, individu & société, corps & histoire.
samedi 7 février 2026
LES FEMMES CHEZ BASQUIAT
BASQUIAT & LES FEMMES
Les femmes ont été beaucoup plus présentes dans la vie de Jean-Michel Basquiat que dans son oeuvre. C’est une histoire à la fois intime, politique et contradictoire — comme son œuvre.
Basquiat a été entouré de femmes fortes, créatives et influentes :
Suzanne Mallouk, muse, amante et témoin clé de ses débuts. Madonna, brièvement, avant qu’ils ne deviennent chacun des icônes mondiales. Debbie Harry du groupe Blondie, Jennifer Goode, Paige Powell, Tamra Davis, Mary Boone, Valda Grinfelds, Kelle Inman à la fin, artistes, réalisatrices, galéristes, photographes.
Sa mère, Matilde Andrades, est la figure fondatrice : elle l’emmène enfant dans les musées, nourrit son amour de l’art et reste une présence fantôme dans son travail.
Ces femmes ne sont pas de simples “muses” passives : elles participent à son écosystème créatif.
Les femmes dans son œuvre
Basquiat représente souvent des femmes noires, ce qui, dans les années 1980, est déjà un geste politique fort. Globalement il a peint peu de femmes, beaucoup plus souvent des hommes.
On y voit :
- des corps fragmentés, parfois agressés,
- des figures sexuelles ou sexualisées,
- des reines, des déesses, des mères,
- des références à l’esclavage, à la médecine, à la violence coloniale.
👉 Il ne peint pas des femmes “idéalisées”. Il montre comment leurs corps ont été contrôlés, regardés, exploités, surtout les corps noirs.
Entre admiration et malaise
C’est là où sa peinture est riche car elle traduit cette ambiguïté :
Basquiat dénonce le racisme et le sexisme systémiques, mais reproduit parfois une imagerie violente ou brutale envers les femmes.
En résumé
Basquiat et les femmes, c’est une relation de fascination, de respect et de conflit, une mise en avant rare des femmes noires dans l’art contemporain de son époque, une œuvre qui ne rassure pas, mais qui oblige à regarder.
jeudi 5 février 2026
La culture populaire & la culture "pop" chez BASQUIAT
La culture « pop » pour BASQUIAT, c’est politique, autobiographique et critique.
Basquiat vient du graffiti new-yorkais (SAMO). La rue, les murs, le métro, les slogans et les tags nourrissent son langage visuel. Dans son oeuvre, tout rappelle la culture urbaine et la spontanéité du street art.
La culture musicale afro-américaine est omniprésente avec le jazz (Charlie Parker, Miles Davis), le bebop, le hip-hop et le rap naissants (Grandmaster Flash.)
Comme Warhol, il détourne des éléments de la culture pop occidentale : logos, marques, bandes dessinées, publicités, cartoons.
Un des amis de Basquiat a écrit qu’il dévorait tout les écrits, les photos et les images qui lui tombaient sous la main pour les digérer et les restituer en une nouvelle expression étonnante ; il travaillait aussi avec son téléviseur allumé en permanence tout en écoutant de la musique.
Il mélange culture savante et culture de rue, refusant toute hiérarchie, illustrant la violence chaotique de la société du New York des années 80.
mardi 20 janvier 2026
LA QUÊTE DES ORIGINES
vendredi 16 janvier 2026
LE CORPS, LA MORT & LA VIOLENCE
Le corps, la mort et la violence chez BASQUIAT
Le corps : un champ de bataille
Chez Basquiat, le corps est presque toujours fragmenté, disséqué. Inspiré par son enfance passée à feuilleter Gray’s Anatomy après un grave accident, il représente des corps ouverts, des squelettes, des organes apparents. Ce corps n’est pas idéalisé, il est vulnérable, déformé, marqué par la souffrance. Il devient ainsi le support des violences sociales, notamment celles infligées aux corps noirs dans l’histoire occidentale. Basquiat montre un corps exposé, contrôlé, parfois réduit à un objet scientifique ou marchand.
La mort : omniprésente et obsessionnelle
La mort traverse toute l’œuvre de Basquiat. Elle apparaît sous forme de squelettes, crânes, figures fantomatiques, mots répétés (« death », « perish », « fatal »), références à des morts violentes (lynchages, boxeurs morts, héros noirs oubliés).
La mort n’est jamais paisible : elle est brutale, injuste, prématurée. Elle reflète à la fois l’histoire tragique des Afro-Américains, la violence urbaine du New York des années 1980
et une dimension autobiographique (drogue, célébrité, autodestruction).
La violence : sociale, raciale et symbolique
La violence chez Basquiat n’est pas seulement physique. Elle est aussi raciale : dénonciation du racisme, de l’esclavage, de la domination blanche. Elle est historique : figures noires héroïques effacées ou humiliées. Enfin est est symbolique : mots barrés, couronnes ironiques, dessins agressifs.
Le style même de Basquiat est violent, traits nerveux, couleurs crues, accumulation chaotique de signes et de textes.
Cette violence formelle traduit une urgence, une colère, une impossibilité de se taire.
Une œuvre de résistance
En exposant le corps noir meurtri, menacé, mais aussi couronné, Basquiat résiste à l’effacement. Ses célèbres couronnes ne glorifient pas le pouvoir, elles réhabilitent des corps condamnés, invisibilisés ou morts trop tôt.
Ainsi, le corps, la mort et la violence ne sont pas seulement des thèmes, ils sont des outils de critique, une manière de rendre visible ce que l’histoire officielle cherche à cacher.
mercredi 14 janvier 2026
LA FOLIE CHEZ BASQUIAT
La folie chez Jean-Michel Basquiat
1. Une folie visuelle et formelle
La folie chez Basquiat s’exprime d’abord par le chaos visuel de ses œuvres. Ses toiles sont saturées de signes, de mots, de dessins, de chiffres, sans hiérarchie apparente. Cette accumulation crée une impression de désordre, confusion, agitation mentale.
Les traits sont rapides, nerveux, parfois violents, donnant l’impression d’une pensée qui déborde, impossible à contenir. La folie devient ainsi une écriture picturale, proche du cri ou du graffiti.
2. Le corps fou : figures déformées et possédées
Les personnages de Basquiat ont souvent des regards vides, des crânes ouverts, des corps disloqués. Ils semblent possédés, halluciné́s ou au bord de la rupture.
La tête — symbole de l’esprit — est fréquemment mise en avant, parfois réduite à un crâne ou à un cerveau exposé. Cette obsession traduit une angoisse mentale, une perte de contrôle, où le corps devient le reflet d’un esprit tourmenté.
3. Folie et marginalité
Basquiat s’intéresse aux figures marginales, les artistes maudits, les boxeurs brisés, les musiciens de jazz et les héros noirs oubliés.
Ces figures sont souvent associées à la folie, à l’excès, à la chute. La folie apparaît comme le prix à payer pour le génie, mais aussi comme une conséquence de la violence sociale, du racisme et de l’exclusion.
4. Folie, drogue et autodestruction
La vie personnelle de Basquiat nourrit cette thématique. Sa consommation de drogues, sa peur de la mort, son isolement progressif renforcent l’idée d’une folie intérieure. Cependant, Basquiat ne glorifie pas la folie : il la montre comme une menace permanente, un danger qui ronge l’individu. La répétition obsessionnelle de mots, les ratures et les barrages traduisent une pensée circulaire, proche de la paranoïa.
5. Une folie comme forme de lucidité
Chez Basquiat, la folie n’est pas seulement perte de raison : elle est aussi clairvoyance. En se plaçant en marge, l’artiste révèle la violence du monde moderne, la folie de la société elle-même : racisme, argent, célébrité, domination culturelle. Ainsi, la folie devient un outil critique, une manière de dire l’indicible.
lundi 5 janvier 2026
LE POUVOIR, LA DOMINATION & L'HISTOIRE
1) Le pouvoir comme violence symbolique et institutionnelle
Chez Basquiat, le pouvoir n’est pas abstrait : il s’inscrit dans les institutions (police, médecine, économie, art) et s’exerce sur des corps vulnérables.
Figures d’autorité : policiers, médecins, rois apparaissent comme des agents de contrôle. Les références à l’anatomie (squelettes, organes) évoquent une science qui observe, classe et domine.
Langage et signes : mots barrés, listes, chiffres et couronnes signalent un pouvoir qui nomme et donc hiérarchise.
Argent et marchandisation : symboles monétaires et titres ironiques dénoncent un capitalisme qui absorbe tout, y compris l’art et les identités.
2) Domination raciale et expérience noire
Basquiat place au centre l’histoire de la domination raciale aux États-Unis.
Corps noirs fragmentés : souvent disséqués, couronnés ou agressés visuellement, ils montrent la violence historique (esclavage, ségrégation, brutalités policières).
3) Réécrire l’histoire : contre-récit et collage
Basquiat pratique une archéologie critique de l’histoire.
Sources hétérogènes : manuels, publicités, graffitis, jazz, histoire de l’art occidental—tout est recomposé en palimpseste.
Passé et présent se télescopent pour montrer la continuité des dominations.
4) L’art comme champ de pouvoir
Basquiat interroge aussi le monde de l’art.
Artiste noir dans un espace blanc : sa célébrité révèle les contradictions d’un système qui consomme la “différence” tout en la marginalisant.
Geste pictural : brutal, rapide, textuel—il refuse la politesse académique et impose une urgence politique à ,travers la liberté artistique.
vendredi 2 janvier 2026
IDENTITÉ NOIRE & RACISME
BASQUIAT : Identité noire et racisme
Jean-Michel Basquiat (1960-1988), artiste afro-américain d’origine haïtienne et portoricaine, fait de son œuvre un espace de dénonciation du racisme systémique et de réflexion sur la place des Noirs dans l’histoire et la société américaine.
1. Violences policières, lynchages et héritage de l’esclavage
Basquiat évoque de manière récurrente la violence exercée contre les corps noirs. Ses tableaux font référence aux lynchages, à la brutalité policière et à la continuité historique entre l’esclavage et les formes modernes d’oppression. Les corps sont souvent fragmentés, blessés ou enfermés, traduisant une société qui contrôle, punit et déshumanise les Noirs.
👉 Exemple :
Irony of a Negro Policeman (1981) critique l’institution policière et l’illusion d’intégration.
2. Stéréotypes raciaux et invisibilisation des figures noires
Basquiat s’attaque aux stéréotypes raciaux hérités du colonialisme et de la culture populaire : caricatures, figures grotesques, mots violents. Il montre comment l’histoire officielle efface les contributions des Noirs, les réduisant à des rôles subalternes ou anonymes.
Les mots barrés, les listes et les répétitions servent à forcer le regard du spectateur sur ce qui est habituellement ignoré ou censuré.
3. Artistes, sportifs et musiciens noirs dans une société dominée par les Blancs
Basquiat met en lumière la contradiction entre la célébrité et l’exploitation des figures noires. Les sportifs et musiciens sont admirés pour leur talent mais restent enfermés dans des systèmes dominés par les Blancs.
Il remet en avant des héros noirs souvent exclus de l’histoire officielle :
Boxeurs (Joe Louis, Sugar Ray Robinson)
Musiciens de jazz (Charlie Parker, Dizzy Gillespie)
Ces figures incarnent à la fois la résistance, la créativité et la lutte pour la reconnaissance.
👉 La couronne, symbole récurrent chez Basquiat, devient un geste politique : elle restitue la dignité et la grandeur à ces figures marginalisées.
4. Une peinture comme acte politique
Basquiat mêle texte, symboles et figures primitives pour créer une peinture brute, violente et engagée. Son style volontairement chaotique traduit l’urgence de dire et la colère face aux injustices raciales.
👉 Son œuvre ne se contente pas de représenter l’identité noire : elle la revendique, la protège et la réinscrit dans l’histoire.
PRINCIPAUX THÈMES DANS L’OEUVRE DE BASQUIAT
- violences policières, lynchages, esclavage
- stéréotypes raciaux et invisibilisation des figures noires
- place des artistes, sportifs et musiciens noirs dans une société dominée par les Blancs.
- critique du colonialisme, de l’impérialisme et des rapports de pouvoir
- détournement de symboles d’autorité (couronnes, rois, saints, héros)
- dénonciation de l’histoire écrite par les vainqueurs
- corps fragmentés, squelettes, organes visibles
- références à l’anatomie et à la médecine
- mort omniprésente (accidents, maladies, exécutions)
- jazz (Charlie Parker, Miles Davis)
- hip-hop naissant
- graffiti, bandes dessinées, publicité
- mots barrés, listes, phrases répétées
- références à l’histoire, aux sciences, à la religion
- fautes volontaires et écriture brute
- critique du capitalisme et du marché de l’art
- tension entre succès, exploitation et perte d’identité
- figures de célébrités dévorées par le système
- esthétique du désordre contrôlé
- énergie presque enfantine
- sentiment d’urgence, de cri visuel
jeudi 1 janvier 2026
BASQUIAT & L'ANATOMIE
BASQUIAT & L’ANATOMIE
À l’âge de sept ans, en 1968, Basquiat est renversé par une voiture alors qu’il jouait dans la rue. Ses lésions internes nécessitent une splénectomie. Pendant son hospitalisation, sa mère lui apporte un exemplaire de Gray’s Anatomy pour l’occuper. Il a été profondément influencé par ce traité d’anatomie et ce livre deviendra une obsession visuelle et intellectuelle qui marquera toute son œuvre, dans les titres, les sujets et les motifs.
Chez Basquiat, l’anatomie n’est jamais réaliste ou pédagogique. Elle est déformée, violente et incomplète.
Le corps devient un champ de bataille entre vie et mort, entre pouvoir et oppression, entre identité noire et histoire occidentale. Les corps sont souvent écorchés, ouverts ou réduits à des schémas.
Les célèbres têtes de Basquiat ressemblent à des crânes anatomiques ; elles mêlent masque africain, radiographie, dessin d’enfant. Elles expriment la conscience, la douleur, la mémoire et la survie.
Le corps est chez Basquiat ce que tout le monde partage mais aussi ce que certains systèmes détruisent.
samedi 13 décembre 2025
BASQUIAT & LA MODE
Basquiat et la mode : un dialogue constant entre art, style et culture
Jean-Michel Basquiat a non seulement marqué l’histoire de l’art, mais aussi celle de la mode. Sa présence à l’intersection des deux mondes repose sur plusieurs dimensions : son style personnel, son influence sur les créateurs, les collaborations posthumes, et la récupération de son image comme symbole culturel.
Le style Basquiat : une identité visuelle forte :
Basquiat se distinguait par un style vestimentaire volontairement non conformiste :
Combinaisons de peintre tachées, vestons trop grands, costumes Armani portés avec des baskets, superpositions déstructurées, utilisation du vêtement comme extension de son énergie créative.
Il jouait avec l’élégance et la ruine, la rue et le luxe — un mélange qui annonce la mode urbaine contemporaine.
L’esthétique de l’artiste comme icône mode :
Ses dreadlocks, sa silhouette longiligne, son attitude nonchalante et son look hybride ont façonné l’image de « l’artiste dandy des rues », aujourd’hui devenue une référence visuelle dans la culture fashion.
Parmi les créateurs influencés :
Yohji Yamamoto – motifs inspirés de l’écriture expressive.
Tina Chow et Andy Warhol – issus de son cercle, ont renforcé son aura mode.
Rei Kawakubo (Comme des Garçons) – influence sur l’esthétique déconstructiviste.
Rick Owens, Off-White (Virgil Abloh), Helmut Lang – références directes à son esprit urbain, punk et créatif.
Un exemple dans son oeuvre :
Armani (1984)
Peinture où Basquiat évoque directement la marque de haute couture Giorgio Armani. → Référence explicite à l’industrie de la mode. → Fait écho à sa propre relation avec Armani, dont il portait les costumes.
jeudi 4 décembre 2025
BASQUIAT & L'EGYPTE
BASQUIAT & L’EGYPTE
L’Égypte comme pivot de l’africanité
Pour Basquiat, l’Égypte ancienne représentait la preuve visible d’une grandeur noire et africaine souvent occultée dans les récits occidentaux. Elle lui permettait de :
- Réinscrire l’Afrique dans une histoire civilisationnelle puissante
- Déconstruire les préjugés racistes qui associent l’Afrique au primitivisme
- Se situer lui-même dans une lignée culturelle valorisante.
Le profil « hiéroglyphique »
Dans plusieurs œuvres — Nile, Per Capita, dessins de 1981–1983 — Basquiat utilise des figures de profil, très simples, proches des silhouettes des fresques égyptiennes. Ce style lui permet : d’inscrire ses personnages dans une tradition picturale antique, de créer des « archétypes » noirs, et d’évoquer la continuité culturelle Afrique → Caraïbes → diaspora.
L’écriture comme hiéroglyphe moderne
Ses mots barrés, listes, répétitions, diagrammes, sont interprétés par certains critiques comme des hiéroglyphes contemporains, une écriture visuelle autonome, qui agit autant par la forme que par le sens.
La royauté : couronnes et pharaons
La célèbre couronne à trois pointes de Basquiat évoque la royauté — non seulement américaine (les héros noirs comme Charlie Parker, Joe Louis, Jesse Owens), mais aussi pharaonique : un symbole de souveraineté noire réappropriée. Basquiat connaissait les discours occidentaux qui tentaient de « blanchir » l’Égypte ancienne. Il oppose à cela une vision affirmée de l’Égypte comme une civilisation africaine, un modèle intellectuel et artistique, et un héritage dont les Afro-descendants peuvent être fiers.
Création et pouvoir
En s’appropriant les codes visuels de l’Égypte, Basquiat affirme symboliquement :
- sa propre souveraineté artistique,
- son inscription dans une généalogie prestigieuse,
- une forme d’autonomisation culturelle face à un marché dominé par des institutions blanches.
mardi 2 décembre 2025
LES VOYAGES DE BASQUIAT
Les voyages de BASQUIAT
Basquiat effectue plusieurs séjours à Paris au début des années 1980 ainsi qu’en Italie (Modène en 1982 et Milan.) Il y travaille notamment dans un atelier mis à disposition par le marchand Bruno Bischofberger.La capitale française influence son imaginaire, notamment la figure du héros noir dans une ville blanche.
1983 : Suisse, Allemagne et Italie, sous la houlette de Bruno Bischofberger et de Warhol.
Montréal et Tokyo (1984) figurent parmi les destinations où il accompagne certaines expositions, le Japon est une étape marquante. 1987 : Londres. 1988 : le dernier voyage, à Hawaï, où il essaie de se sevrer et de se rétablir.
Mais globalement, Basquiat reste très attaché à New York, qu’il considère comme le centre de sa vie artistique.
Le voyage intérieur : Créer les mythes qui n’existent pas pour réparer une absence.
Basquiat mène un voyage plus intime, le voyage “intérieur” de Jean-Michel Basquiat est peut-être la dimension la plus profonde de son œuvre : un mouvement continu fait d’identité, de mémoire, de douleur, de révolte et de quête de légitimité artistique.
Une exploration constante de son identité — noire, caribéenne, américaine — dans un monde artistique dominé par des artistes blancs. Le corps humain et l’anatomie deviennent des espaces intérieurs fondamentaux, vers l’essence de l’humain.
On peut aussi citer une recherche esthétique frénétique, presque nomade : changement rapide de styles, de symboles, de techniques en refusant d’être enfermé dans une seule case.
Le langage comme espace mental : mots répétitifs et barrés, listes, collisions de langues, intertexte, publicités et slogans qui lui permettent de voyager dans sa propre bibliothèque intérieure et son « moi » éclaté.
La toile permet à BASQUIAT une recomposition psychique, la couronne est un surmoi réparateur : « Si le monde ne me nomme pas comme sujet, je me couronne moi-même. »
Le geste du graffiti (époque SAMO, fin des années 70) renvoie à une écriture préhistorique, pulsionnelle, rapide, liée : à l’acte, à la trace, à la pulsion de marquer le monde avec ses tags.
Freud parlait de « geste originaire » dans lequel le sujet inscrit sa présence. Chez Basquiat, cet acte primitif est un antidote à l’invisibilisation : inscrire son nom, c’est survivre.
Basquiat se situe dans un conflit permanent entre : le désir (créer, exister, crier, être aimé, être reconnu) et la Loi : les règles du marché de l’art, les codes sociaux, le racisme institutionnel, les attentes de Warhol, la pression de la célébrité. Ce tiraillement génère : une tension pulsionnelle constante, un rapport conflictuel avec l’autorité, une oscillation entre toute-puissance et effondrement.
Son œuvre devient alors un journal inconscient, une autopsie du Moi, une mythologie réparatrice et une lutte contre l’effacement.
vendredi 14 novembre 2025
LES ICÔNES SUR PANNEAUX CHEZ BASQUIAT
Même si Basquiat n’était pas religieux au sens classique, ses œuvres utilisent des icônes culturelles et des figures totémiques qui confèrent aux panneaux un caractère quasi liturgique.
On constate souvent une organisation symbolique verticale (terre / intermédiaire / ciel) comme sur les retables religieux.
Les éléments récurrents sont la couronne et les signes de royauté, les masques et les crânes. Les supports sont des éléments de récupération, portes et volets qui renvoient à l’environnement urbain dégradé où a évolué Basquiat dans le New York des années 70/80
jeudi 13 novembre 2025
BASQUIAT ET LES POLYPTYQUES (Diaporama musical)
Jean-Michel Basquiat a utilisé le format du polyptyque (toiles divisées en plusieurs panneaux) pour des raisons à la fois pratiques, esthétiques et conceptuelles :
Un héritage de l’art religieux et classique : Le polyptyque renvoie à une tradition ancienne (retables, triptyques de la Renaissance). En se l’appropriant, Basquiat relie son travail à une histoire de l’art qu’il admire et détourne.
Une extension du langage visuel : Son œuvre est souvent foisonnante, fragmentée, rythmée par des mots, des figures et des symboles. Le polyptyque lui donnait la possibilité de multiplier les plans et les voix, comme une composition musicale en plusieurs mouvements.
Un espace narratif éclaté : Plutôt qu’une seule image centrale, Basquiat pouvait développer plusieurs idées en parallèle. Chaque panneau devenait une « case » où se superposaient influences afro-américaines, références scientifiques, culture populaire et critique sociale. Le spectateur devait alors circuler visuellement d’un panneau à l’autre, comme face à un récit non linéaire.
Une énergie fragmentée et urbaine : Le polyptyque évoque les murs de la ville, les graffitis juxtaposés, les affiches déchirées : un patchwork visuel en écho à l’expérience new-yorkaise de Basquiat.
Oeuvres du diaporama musical (Musique dOmar SOSA & Keita SECKOU)
La plupart de ces oeuvres sont de 1982 ou 1983 :
Horn Players
Notary Custom
Dog Bite
Savonarola
Flesh & Spirit
Nero
Ishtar
Untitled (Ice)
Zydeco
Florence
Six Crimees
Header
Fred
Beast
The Nile
Famous Sausage
Perishable
Mitchell Crew
Frogmen
Son of Barney Hill
The Dutch Settlers
Grillo
vendredi 15 août 2025
BASQUIAT & L'AUTOMOBILE
BASQUIAT ET L’AUTOMOBILE
BASQUIAT n’a jamais eu le permis de conduire. À l’âge de huit ans il s’est fait renverser à Brooklyn et a passé deux mois à l’hôpital après une ablation de la rate.
L’automobile est devenu un objet central de son oeuvre, à la fois symbole de violence et de danger, icône de la société de consommation, de la culture populaire et de la vie urbaine. Le taxi de New York est iconique chez Basquiat qui s’en est souvent fait refuser l’accès à cause de sa couleur de peau et de son look. C’est pourquoi il se déplaçait souvent à pied ou à vélo dans Manhattan.
Basquiat a également fait référence aux célèbres « Car Crash paintings » d’Andy Warhol.
Chez lui, l’automobile est un vecteur ambivalent de réflexion sur la mort et le corps en prise avec le rêve américain. Il a exécuté plus de dessins sur ce thème, que de peintures.
LA SÉRIE DE MODÈNE
La première exposition personnelle de Basquiat se tient en 1981 à la Galleria d’Arte Emilio Mazzoli à Modène, à l’époque encore sous le ps...
-
CATALOGUE PHOTOS DES OEUVRES PEINTES « J’élabore mes peintures repentirs après repentirs (…) Au final, de tout ce chaos, se dégage un es...
-
Malgré son court passage sur terre, Basquiat est l’auteur de sublimes citations : 1 - « Plus je peins, plus j'aime chaque chose. » 2 - «...
-
Les cartes postales peintes que vendait BASQUIAT à la sauvette, dans les bars et restaurants à la fin des années 70, constituent la transiti...






.jpg)
.jpg)
.jpg)

.jpg)
%20.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)






