TOUT L'OEUVRE de Jean-Michel BASQUIAT

jeudi 5 février 2026

La culture populaire & la culture "pop" chez BASQUIAT






La culture « pop » pour BASQUIAT, c’est politique, autobiographique et critique.

Basquiat vient du graffiti new-yorkais (SAMO). La rue, les murs, le métro, les slogans et les tags nourrissent son langage visuel. Dans son oeuvre, tout rappelle la culture urbaine et la spontanéité du street art.

La culture musicale afro-américaine est omniprésente avec le jazz (Charlie Parker, Miles Davis), le bebop, le hip-hop et le rap naissants (Grandmaster Flash.)

Comme Warhol, il détourne des éléments de la culture pop occidentale : logos, marques, bandes dessinées, publicités, cartoons. 

Un des amis de Basquiat a écrit qu’il dévorait tout les écrits, les photos  et les images qui lui tombaient sous la main pour les digérer et les restituer en une nouvelle expression étonnante ; il travaillait aussi avec son téléviseur allumé en permanence tout en écoutant de la musique. 


Il mélange culture savante et culture de rue, refusant toute hiérarchie, illustrant la violence chaotique de la société du New York des années 80.





mardi 20 janvier 2026

LA QUÊTE DES ORIGINES

 







LA QUÊTE DES ORIGINES CHEZ BASQUIAT

Jean-Michel Basquiat inscrit son œuvre dans une recherche profonde des origines, à la fois personnelles, culturelles et historiques. Artiste afro-américain d’origine haïtienne et portoricaine, il fait de la question de l’identité noire un axe central. Basquiat interroge la mémoire, l’héritage et les racines effacées par l’histoire occidentale.
D’abord, la quête des origines chez Basquiat passe par la réappropriation de l’histoire africaine et afro-américaine. Il convoque des figures noires oubliées ou marginalisées, comme des musiciens de jazz, des sportifs ou des héros anonymes, qu’il érige en symboles de résistance. 
Ensuite, cette recherche s’exprime par l’usage de signes primitifs, de mots fragmentés et de dessins proches de l’art enfantin ou de l’art tribal. Ce style volontairement brut évoque un retour aux sources, à une expression instinctive et originelle où résonne aussi le vaudou de la culture paternelle haïtienne. La présence récurrente de figures liées à la mort, de crânes et de corps fragmentés s’inscrit dans l’imaginaire vaudou haïtien, notamment à travers des figures comme le Baron Samedi, esprit de la mort et de la renaissance. Ainsi, l’origine haïtienne de Basquiat n’est pas un thème illustratif, mais une force souterraine.
En mêlant culture savante et culture de rue, références historiques et graffiti, Basquiat affirme une identité hybride, héritée de multiples origines et refusant toute catégorisation.
Ainsi, chez Basquiat, la quête des origines n’est pas un simple retour vers le passé, mais un acte politique et artistique. Elle vise à faire émerger une mémoire enfouie et à affirmer une identité noire forte, complexe et vivante, au cœur de l’art contemporain.




vendredi 16 janvier 2026

LE CORPS, LA MORT & LA VIOLENCE

 




Le corps, la mort et la violence chez BASQUIAT


Le corps : un champ de bataille

Chez Basquiat, le corps est presque toujours fragmenté, disséqué. Inspiré par son enfance passée à feuilleter Gray’s Anatomy après un grave accident, il représente des corps ouverts, des squelettes, des organes apparents.
Ce corps n’est pas idéalisé, il est vulnérable, déformé, marqué par la souffrance. Il devient ainsi le support des violences sociales, notamment celles infligées aux corps noirs dans l’histoire occidentale. Basquiat montre un corps exposé, contrôlé, parfois réduit à un objet scientifique ou marchand.

La mort : omniprésente et obsessionnelle

La mort traverse toute l’œuvre de Basquiat. Elle apparaît sous forme de squelettes, crânes, figures fantomatiques, mots répétés (« death », « perish », « fatal »), références à des morts violentes (lynchages, boxeurs morts, héros noirs oubliés).

La mort n’est jamais paisible : elle est brutale, injuste, prématurée. Elle reflète à la fois l’histoire tragique des Afro-Américains, la violence urbaine du New York des années 1980

et une dimension autobiographique (drogue, célébrité, autodestruction).

 La violence : sociale, raciale et symbolique

La violence chez Basquiat n’est pas seulement physique. Elle est aussi raciale : dénonciation du racisme, de l’esclavage, de la domination blanche. Elle est historique : figures noires héroïques effacées ou humiliées. Enfin est est symbolique : mots barrés, couronnes ironiques, dessins agressifs.

Le style même de Basquiat est violent, traits nerveux, couleurs crues, accumulation chaotique de signes et de textes.

Cette violence formelle traduit une urgence, une colère, une impossibilité de se taire.

Une œuvre de résistance

En exposant le corps noir meurtri, menacé, mais aussi couronné, Basquiat résiste à l’effacement.
Ses célèbres couronnes ne glorifient pas le pouvoir, elles réhabilitent des corps condamnés, invisibilisés ou morts trop tôt.

Ainsi, le corps, la mort et la violence ne sont pas seulement des thèmes, ils sont des outils de critique, une manière de rendre visible ce que l’histoire officielle cherche à cacher.



mercredi 14 janvier 2026

LA FOLIE CHEZ BASQUIAT

 
























La folie chez Jean-Michel Basquiat


1. Une folie visuelle et formelle

La folie chez Basquiat s’exprime d’abord par le chaos visuel de ses œuvres.
Ses toiles sont saturées de signes, de mots, de dessins, de chiffres, sans hiérarchie apparente. Cette accumulation crée une impression de désordre, confusion, agitation mentale.

Les traits sont rapides, nerveux, parfois violents, donnant l’impression d’une pensée qui déborde, impossible à contenir. La folie devient ainsi une écriture picturale, proche du cri ou du graffiti.


2. Le corps fou : figures déformées et possédées

Les personnages de Basquiat ont souvent des regards vides, des crânes ouverts, des corps disloqués. Ils semblent possédés, halluciné́s ou au bord de la rupture.

La tête — symbole de l’esprit — est fréquemment mise en avant, parfois réduite à un crâne ou à un cerveau exposé. Cette obsession traduit une angoisse mentale, une perte de contrôle, où le corps devient le reflet d’un esprit tourmenté.


3. Folie et marginalité

Basquiat s’intéresse aux figures marginales, les artistes maudits, les boxeurs brisés, les musiciens de jazz et les héros noirs oubliés.

Ces figures sont souvent associées à la folie, à l’excès, à la chute. La folie apparaît comme le prix à payer pour le génie, mais aussi comme une conséquence de la violence sociale, du racisme et de l’exclusion.


4. Folie, drogue et autodestruction

La vie personnelle de Basquiat nourrit cette thématique. Sa consommation de drogues, sa peur de la mort, son isolement progressif renforcent l’idée d’une folie intérieure.
Cependant, Basquiat ne glorifie pas la folie : il la montre comme une menace permanente, un danger qui ronge l’individu. La répétition obsessionnelle de mots, les ratures et les barrages traduisent une pensée circulaire, proche de la paranoïa.


5. Une folie comme forme de lucidité

Chez Basquiat, la folie n’est pas seulement perte de raison : elle est aussi clairvoyance.
En se plaçant en marge, l’artiste révèle la violence du monde moderne, la folie de la société elle-même : racisme, argent, célébrité, domination culturelle. Ainsi, la folie devient un outil critique, une manière de dire l’indicible.


lundi 5 janvier 2026

LE POUVOIR, LA DOMINATION & L'HISTOIRE

 





1) Le pouvoir comme violence symbolique et institutionnelle

Chez Basquiat, le pouvoir n’est pas abstrait : il s’inscrit dans les institutions (police, médecine, économie, art) et s’exerce sur des corps vulnérables.

Figures d’autorité : policiers, médecins, rois apparaissent comme des agents de contrôle. Les références à l’anatomie (squelettes, organes) évoquent une science qui observe, classe et domine.

Langage et signes : mots barrés, listes, chiffres et couronnes signalent un pouvoir qui nomme et donc hiérarchise. 

Argent et marchandisation : symboles monétaires et titres ironiques dénoncent un capitalisme qui absorbe tout, y compris l’art et les identités.


2) Domination raciale et expérience noire

Basquiat place au centre l’histoire de la domination raciale aux États-Unis.

Corps noirs fragmentés : souvent disséqués, couronnés ou agressés visuellement, ils montrent la violence historique (esclavage, ségrégation, brutalités policières).


3) Réécrire l’histoire : contre-récit et collage

Basquiat pratique une archéologie critique de l’histoire.

Sources hétérogènes : manuels, publicités, graffitis, jazz, histoire de l’art occidental—tout est recomposé en palimpseste.

Passé et présent se télescopent pour montrer la continuité des dominations.


4) L’art comme champ de pouvoir

Basquiat interroge aussi le monde de l’art.

Artiste noir dans un espace blanc : sa célébrité révèle les contradictions d’un système qui consomme la “différence” tout en la marginalisant.

Geste pictural : brutal, rapide, textuel—il refuse la politesse académique et impose une urgence politique à ,travers la liberté artistique.


vendredi 2 janvier 2026

IDENTITÉ NOIRE & RACISME

 











BASQUIAT : Identité noire et racisme



Jean-Michel Basquiat (1960-1988), artiste afro-américain d’origine haïtienne et portoricaine, fait de son œuvre un espace de dénonciation du racisme systémique et de réflexion sur la place des Noirs dans l’histoire et la société américaine.

1. Violences policières, lynchages et héritage de l’esclavage

Basquiat évoque de manière récurrente la violence exercée contre les corps noirs.
Ses tableaux font référence aux lynchages, à la brutalité policière et à la continuité historique entre l’esclavage et les formes modernes d’oppression.
Les corps sont souvent fragmentés, blessés ou enfermés, traduisant une société qui contrôle, punit et déshumanise les Noirs.

👉 Exemple :

Irony of a Negro Policeman (1981) critique l’institution policière et l’illusion d’intégration.


2. Stéréotypes raciaux et invisibilisation des figures noires

Basquiat s’attaque aux stéréotypes raciaux hérités du colonialisme et de la culture populaire : caricatures, figures grotesques, mots violents.
Il montre comment l’histoire officielle efface les contributions des Noirs, les réduisant à des rôles subalternes ou anonymes.

Les mots barrés, les listes et les répétitions servent à forcer le regard du spectateur sur ce qui est habituellement ignoré ou censuré.


3. Artistes, sportifs et musiciens noirs dans une société dominée par les Blancs

Basquiat met en lumière la contradiction entre la célébrité et l’exploitation des figures noires.
Les sportifs et musiciens sont admirés pour leur talent mais restent enfermés dans des systèmes dominés par les Blancs.

Il remet en avant des héros noirs souvent exclus de l’histoire officielle :

Boxeurs (Joe Louis, Sugar Ray Robinson)

Musiciens de jazz (Charlie Parker, Dizzy Gillespie)

Ces figures incarnent à la fois la résistance, la créativité et la lutte pour la reconnaissance.

👉 La couronne, symbole récurrent chez Basquiat, devient un geste politique : elle restitue la dignité et la grandeur à ces figures marginalisées.


4. Une peinture comme acte politique

Basquiat mêle texte, symboles et figures primitives pour créer une peinture brute, violente et engagée.
Son style volontairement chaotique traduit l’urgence de dire et la colère face aux injustices raciales.

👉 Son œuvre ne se contente pas de représenter l’identité noire :
elle la revendique, la protège et la réinscrit dans l’histoire.


PRINCIPAUX THÈMES DANS L’OEUVRE DE BASQUIAT




Identité noire et racisme
  • violences policières, lynchages, esclavage
  • stéréotypes raciaux et invisibilisation des figures noires
  • place des artistes, sportifs et musiciens noirs dans une société dominée par les Blancs.
 Il remet en avant des héros noirs (boxeurs, musiciens de jazz) souvent effacés de l’histoire officielle.

Le pouvoir, la domination et l’histoire
  • critique du colonialisme, de l’impérialisme et des rapports de pouvoir
  • détournement de symboles d’autorité (couronnes, rois, saints, héros)
  • dénonciation de l’histoire écrite par les vainqueurs
La couronne devient un symbole ambivalent : gloire, résistance, mais aussi ironie.

Le corps, la mort et la violence
  • corps fragmentés, squelettes, organes visibles
  • références à l’anatomie et à la médecine
  • mort omniprésente (accidents, maladies, exécutions)
 Le corps noir est souvent représenté comme exposé, vulnérable ou disséqué, écho à la violence sociale.

Culture populaire et musique
  • jazz (Charlie Parker, Miles Davis)
  • hip-hop naissant
  • graffiti, bandes dessinées, publicité
Il mélange culture savante et culture de rue, refusant toute hiérarchie.



Le langage, les mots et le savoir
  • mots barrés, listes, phrases répétées
  • références à l’histoire, aux sciences, à la religion
  • fautes volontaires et écriture brute
 Barrer un mot, chez Basquiat, c’est le rendre plus visible, pas l’effacer.

Argent, célébrité et aliénation
  • critique du capitalisme et du marché de l’art
  • tension entre succès, exploitation et perte d’identité
  • figures de célébrités dévorées par le système
Ce thème devient central dans les dernières années de sa vie.


Chaos, urgence et spontanéité
  • esthétique du désordre contrôlé
  • énergie presque enfantine
  • sentiment d’urgence, de cri visuel
Son style traduit une pensée fragmentée, proche du flux de conscience.


L’œuvre de Basquiat est une lutte visuelle : contre l’effacement, contre le racisme, contre les hiérarchies culturelles et pour une histoire réécrite depuis les marges.


 

jeudi 1 janvier 2026

BASQUIAT & L'ANATOMIE

 








BASQUIAT & L’ANATOMIE 


 À l’âge de sept ans, en 1968, Basquiat est renversé par une voiture alors qu’il jouait dans la rue. Ses lésions internes nécessitent une splénectomie. Pendant son hospitalisation, sa mère lui apporte un exemplaire de Gray’s Anatomy pour l’occuper. Il a été profondément influencé par ce traité d’anatomie et ce livre deviendra une obsession visuelle et intellectuelle qui marquera toute son œuvre, dans les titres, les sujets et les motifs.

Chez Basquiat, l’anatomie n’est jamais réaliste ou pédagogique. Elle est déformée, violente et incomplète.

Le corps devient un champ de bataille entre vie et mort, entre pouvoir et oppression, entre identité noire et histoire occidentale. Les corps sont souvent écorchés, ouverts ou réduits à des schémas.

Les célèbres têtes de Basquiat ressemblent à des crânes anatomiques ; elles mêlent masque africain, radiographie, dessin d’enfant. Elles expriment la conscience, la douleur, la mémoire et la survie.

Le corps est chez Basquiat ce que tout le monde partage mais aussi ce que certains systèmes détruisent.

samedi 13 décembre 2025

BASQUIAT & LA MODE


 

Basquiat et la mode : un dialogue constant entre art, style et culture


Jean-Michel Basquiat a non seulement marqué l’histoire de l’art, mais aussi celle de la mode. Sa présence à l’intersection des deux mondes repose sur plusieurs dimensions : son style personnel, son influence sur les créateurs, les collaborations posthumes, et la récupération de son image comme symbole culturel.

Le style Basquiat : une identité visuelle forte :

Basquiat se distinguait par un style vestimentaire volontairement non conformiste :

Combinaisons de peintre tachées, vestons trop grands, costumes Armani portés avec des baskets, superpositions déstructurées, utilisation du vêtement comme extension de son énergie créative.

Il jouait avec l’élégance et la ruine, la rue et le luxe — un mélange qui annonce la mode urbaine contemporaine.

L’esthétique de l’artiste comme icône mode :

Ses dreadlocks, sa silhouette longiligne, son attitude nonchalante et son look hybride ont façonné l’image de « l’artiste dandy des rues », aujourd’hui devenue une référence visuelle dans la culture fashion.

Parmi les créateurs influencés :

Yohji Yamamoto – motifs inspirés de l’écriture expressive.

Tina Chow et Andy Warhol – issus de son cercle, ont renforcé son aura mode.

Rei Kawakubo (Comme des Garçons) – influence sur l’esthétique déconstructiviste.

Rick Owens, Off-White (Virgil Abloh), Helmut Lang – références directes à son esprit urbain, punk et créatif.

Un exemple dans son oeuvre :

Armani (1984)

Peinture où Basquiat évoque directement la marque de haute couture Giorgio Armani.
→ Référence explicite à l’industrie de la mode.
→ Fait écho à sa propre relation avec Armani, dont il portait les costumes.


jeudi 4 décembre 2025

BASQUIAT & L'EGYPTE

 












BASQUIAT & L’EGYPTE


L’Égypte comme pivot de l’africanité 


Pour Basquiat, l’Égypte ancienne représentait la preuve visible d’une grandeur noire et africaine souvent occultée dans les récits occidentaux. Elle lui permettait de :

  • Réinscrire l’Afrique dans une histoire civilisationnelle puissante
  • Déconstruire les préjugés racistes qui associent l’Afrique au primitivisme
  • Se situer lui-même dans une lignée culturelle valorisante.


Le profil « hiéroglyphique »


Dans plusieurs œuvres — Nile, Per Capita, dessins de 1981–1983 — Basquiat utilise des figures de profil, très simples, proches des silhouettes des fresques égyptiennes.
Ce style lui permet : d’inscrire ses personnages dans une tradition picturale antique, de créer des « archétypes » noirs, et d’évoquer la continuité culturelle Afrique → Caraïbes → diaspora.


 L’écriture comme hiéroglyphe moderne


Ses mots barrés, listes, répétitions, diagrammes, sont interprétés par certains critiques comme des hiéroglyphes contemporains, une écriture visuelle autonome, qui agit autant par la forme que par le sens.


La royauté : couronnes et pharaons


La célèbre couronne à trois pointes de Basquiat évoque la royauté — non seulement américaine (les héros noirs comme Charlie Parker, Joe Louis, Jesse Owens), mais aussi pharaonique :
un symbole de souveraineté noire réappropriée. Basquiat connaissait les discours occidentaux qui tentaient de « blanchir » l’Égypte ancienne. Il oppose à cela une vision affirmée de l’Égypte comme une civilisation africaine, un modèle intellectuel et artistique, et un héritage dont les Afro-descendants peuvent être fiers.


Création et pouvoir


En s’appropriant les codes visuels de l’Égypte, Basquiat affirme symboliquement :

  • sa propre souveraineté artistique,
  • son inscription dans une généalogie prestigieuse,

  • une forme d’autonomisation culturelle face à un marché dominé par des institutions blanches.


mardi 2 décembre 2025

LES VOYAGES DE BASQUIAT

 






Les voyages de BASQUIAT

Basquiat effectue plusieurs séjours à Paris au début des années 1980 ainsi qu’en Italie (Modène en 1982 et Milan.) Il y travaille notamment dans un atelier mis à disposition par le marchand Bruno Bischofberger.La capitale française influence son imaginaire, notamment la figure du héros noir dans une ville blanche.

1983 : Suisse, Allemagne et Italie, sous la houlette de Bruno Bischofberger et de Warhol. 

Montréal et Tokyo (1984) figurent parmi les destinations où il accompagne certaines expositions, le Japon est une étape marquante. 1987 : Londres. 1988 : le dernier voyage, à Hawaï, où il essaie de se sevrer et de se rétablir.

Mais globalement, Basquiat reste très attaché à New York, qu’il considère comme le centre de sa vie artistique.

Le voyage intérieur : Créer les mythes qui n’existent pas pour réparer une absence.

Basquiat mène un voyage plus intime, le voyage “intérieur” de Jean-Michel Basquiat est peut-être la dimension la plus profonde de son œuvre : un mouvement continu fait d’identité, de mémoire, de douleur, de révolte et de quête de légitimité artistique. 

Une exploration constante de son identité — noire, caribéenne, américaine — dans un monde artistique dominé par des artistes blancs. Le corps humain et l’anatomie deviennent des espaces intérieurs fondamentaux, vers l’essence de l’humain.

On peut aussi citer une recherche esthétique frénétique, presque nomade : changement rapide de styles, de symboles, de techniques en refusant d’être enfermé dans une seule case.

Le langage comme espace mental : mots répétitifs et barrés, listes, collisions de langues, intertexte, publicités et slogans qui lui permettent de voyager dans sa propre bibliothèque intérieure et son « moi » éclaté.

La toile permet à BASQUIAT une recomposition psychique, la couronne est un surmoi réparateur : « Si le monde ne me nomme pas comme sujet, je me couronne moi-même. »

Le geste du graffiti (époque SAMO, fin des années 70) renvoie à une écriture préhistorique, pulsionnelle, rapide, liée : à l’acte, à la trace, à la pulsion de marquer le monde avec ses tags.

Freud parlait de « geste originaire » dans lequel le sujet inscrit sa présence. Chez Basquiat, cet acte primitif est un antidote à l’invisibilisation : inscrire son nom, c’est survivre.

Basquiat se situe dans un conflit permanent entre : le désir (créer, exister, crier, être aimé, être reconnu) et la Loi : les règles du marché de l’art, les codes sociaux, le racisme institutionnel, les attentes de Warhol, la pression de la célébrité. Ce tiraillement génère : une tension pulsionnelle constante, un rapport conflictuel avec l’autorité, une oscillation entre toute-puissance et effondrement.

Son œuvre devient alors un journal inconscient, une autopsie du Moi, une mythologie réparatrice et une lutte contre l’effacement.

vendredi 14 novembre 2025

 


 LES ICÔNES SUR PANNEAUX CHEZ BASQUIAT


Même si Basquiat n’était pas religieux au sens classique, ses œuvres utilisent des icônes culturelles et des figures totémiques qui confèrent aux panneaux un caractère quasi liturgique.

On constate souvent une organisation symbolique verticale (terre / intermédiaire / ciel) comme sur les retables religieux.

Les éléments récurrents sont la couronne et les signes de royauté, les masques et les crânes. Les supports sont des éléments de récupération, portes et volets qui renvoient à l’environnement urbain dégradé où a évolué Basquiat dans le New York des années 70/80




jeudi 13 novembre 2025


           


BASQUIAT ET LES POLYPTYQUES (Diaporama musical)


Jean-Michel Basquiat a utilisé le format du polyptyque (toiles divisées en plusieurs panneaux) pour des raisons à la fois pratiques, esthétiques et conceptuelles :

Un héritage de l’art religieux et classique : Le polyptyque renvoie à une tradition ancienne (retables, triptyques de la Renaissance). En se l’appropriant, Basquiat relie son travail à une histoire de l’art qu’il admire et détourne. 

Une extension du langage visuel : Son œuvre est souvent foisonnante, fragmentée, rythmée par des mots, des figures et des symboles. Le polyptyque lui donnait la possibilité de multiplier les plans et les voix, comme une composition musicale en plusieurs mouvements.

 Un espace narratif éclaté : Plutôt qu’une seule image centrale, Basquiat pouvait développer plusieurs idées en parallèle. Chaque panneau devenait une « case » où se superposaient influences afro-américaines, références scientifiques, culture populaire et critique sociale. Le spectateur devait alors circuler visuellement d’un panneau à l’autre, comme face à un récit non linéaire.

Une énergie fragmentée et urbaine : Le polyptyque évoque les murs de la ville, les graffitis juxtaposés, les affiches déchirées : un patchwork visuel en écho à l’expérience new-yorkaise de Basquiat.


Oeuvres du diaporama musical (Musique dOmar SOSA & Keita SECKOU) 


La plupart de ces oeuvres sont de 1982 ou 1983 :


Horn Players

Notary Custom

Dog Bite

Savonarola

Flesh & Spirit

Nero

Ishtar

Untitled (Ice)

Zydeco

Florence

Six Crimees

Header

Fred

Beast

The Nile

Famous Sausage

Perishable

Mitchell Crew

Frogmen

Son of Barney Hill

The Dutch Settlers

Grillo




vendredi 15 août 2025

BASQUIAT & L'AUTOMOBILE


 



BASQUIAT ET L’AUTOMOBILE


BASQUIAT n’a jamais eu le permis de conduire. À l’âge de huit ans il s’est fait renverser à Brooklyn et a passé deux mois à l’hôpital après une ablation de la rate.

L’automobile est devenu un objet central de son oeuvre, à la fois symbole de violence et de danger, icône de la société de consommation, de la culture populaire et de la vie urbaine. Le taxi de New York est iconique chez Basquiat qui s’en est souvent fait refuser l’accès à cause de sa couleur de peau et de son look. C’est pourquoi il se déplaçait souvent à pied ou à vélo dans Manhattan.

Basquiat a également fait référence aux célèbres « Car Crash paintings » d’Andy Warhol. 


Chez lui, l’automobile est un vecteur ambivalent de réflexion sur la mort et le corps en prise avec le rêve américain. Il a exécuté plus de dessins sur ce thème, que de peintures.



dimanche 27 juillet 2025

LES "VANITÉS" CHEZ BASQUIAT





 Dans l’histoire de l’art, (surtout au XVIIème) une vanité est une représentation symbolique de la mort, de la fugacité de la vie, et de la futilité des biens terrestres.

L’un des symboles les plus emblématiques de Basquiat est le crâne. Le crâne est disséqué, coloré, énergique, souvent vivant. Il représente à la fois la mort et l’identité, notamment afro-américaine, ainsi que la violence historique (esclavage, oppression.)

BASQUIAT associe des crânes à des mots comme "famous", "money", "sugar", ou "black", révélant les tensions entre succès, exploitation, et identité, dans sa dénonciation de la marchandisation de l’art.

Mais il parle aussi de sa propre vie, marquée par une ascension fulgurante, une conscience aiguë de la mort et une fin tragique à 27 ans (overdose).



vendredi 25 juillet 2025

Le collage chez BASQUIAT










Basquiat était un artiste afro-américain, d’origine haïtienne et portoricaine qui revendiquait toutes ses cultures.

 Les collages – en juxtaposant des images et textes disparates – évoquent une identité morcelée, un métissage culturel, et parfois une critique implicite des identités fixes que les sociétés occidentales imposent.

 Il utilisait souvent des coupures de journaux, des mots raturés, des images populaires (logos, dessins animés, publicités), mêlés à des symboles historiques, médicaux ou religieux. Ce mélange chaotique dénonce les discours dominants.

Basquiat a commencé dans la rue avec SAMO©. Le collage est pour lui une extension du graffiti, une pratique libre, spontanée. Il assemble ce qu’il trouve comme un DJ mixant plusieurs sources (musique, texte, visuel).

Cela produit souvent une tension visuelle et narrative : des mots barrés, répétés ; des images superposées sans logique apparente qui forcent le spectateur à chercher un sens.

Enfin BASQUIAT s’inspire aussi du collage en juxtaposant les plans dans un même tableau, avec un effet mosaïque. Il obtient le même résultat avec la technique du « repentir » (le « pentimento » des peintres de la Renaissance italienne qui permet de masquer ou de faire apparaître des personnages, des objets ou organes, ou de modifier leur aspect et leur position.)

jeudi 29 mai 2025

Mes copies de BASQUIAT







 


Sélection de copies de peintres célèbres que j'ai faites pour plusieurs clients, de Basquiat à Matisse en passant par Klee, Soutine, Hopper, Miro, Sorolla et Georges de La Tour. Formats et supports variables, à la demande. Expéditions dans le monde entier. [https://www.etsy.com/shop/ARTCONCEPTCopies]



jeudi 22 mai 2025

6 am

 


"A.M. Jean-Michel BASQUIAT in the loft." Photos Polaroid de Maripol, 1982.

Basquiat et son amie Maripol sont rentrés du Mudd Club au petit matin et il a peint dans le loft de Maripol les portraits du photographe Edo Bertoglio, de Maripol, de sa compagne Suzanne Mallouk, Jeffrey Bretschneider, Arto Lindsay et la chat "Atom" en quelques minutes. Maripol a pris ces polaroids à 6 heures du matin (6 am) et a nommé l'ensemble "A.M."




Jean-Michel Basquiat and Maripol photographed at her downtown New York loft, 1982.


Jean-Michel painted portraits of Edo Bertoglio, Jeffrey Bretschneider, Arto Lindsay, Suzanne Mallouk, Atom the cat, and Maripol, who recalled:


"I call this picture A.M., because it was shot in our loft, at six in the morning, after the Mudd Club. He had just painted our portraits, which you see behind him. I'm the one with the hoop earrings and the hat and the glasses. It was an instant moment long before Instagram was invented."

dimanche 27 avril 2025

BASQUIAT & LA SCIENCE



RADIUM 23





 




BASQUIAT & LA SCIENCE




Jean-Michel Basquiat entretenait une relation complexe et fascinante avec la science, qu’il intégrait souvent dans ses œuvres sous une forme symbolique, critique ou poétique.


Basquiat était particulièrement obsédé par l’anatomie humaine. Enfant, après un accident de voiture, sa mère lui avait offert un exemplaire du "Gray's Anatomy", un célèbre manuel d’anatomie, qui a profondément marqué son imaginaire.

On retrouve dans ses œuvres de nombreux schémas de squelettes, organes, crânes, et noms de parties du corps, souvent accompagnés de légendes, comme s’il tentait de disséquer symboliquement le corps humain.


Basquiat utilisait le vocabulaire scientifique (formules, mots techniques, éléments chimiques) comme un langage de pouvoir, au même titre que le latin ou les mots juridiques. Il en détournait parfois le sens pour en souligner l’arbitraire ou pour dénoncer les hiérarchies de savoir. Dans certaines œuvres, il inscrit des noms d'éléments du tableau périodique, des équations ou des mots comme "asbestos", "carbon", ou "plutonium", en les sortant de leur contexte pour jouer avec leurs connotations sociales, économiques ou politiques.


Sa manière d’aborder la science est intuitive, fragmentaire, presque magique. Il mélange des faits scientifiques avec des éléments mythologiques, religieux ou urbains. Il crée ainsi une "science personnelle", un langage hybride entre connaissance et imagination.

dimanche 23 mars 2025











 L’USAGE DU LANGAGE DANS L’OEUVRE DE BASQUIAT


En utilisant le langage, BASQUIAT créait une interaction entre l’image et le texte, invitant le spectateur à déchiffrer des messages multiples en accentuant cette invitation par des ratures sur les mots. Mots et symboles témoignent d’une culture urbaine marquée par le graffiti, mais produisent aussi une hybridation entre visuel et verbal. Ses œuvres ne se limitent pas à une représentation picturale mais se veulent aussi littéraires et poétiques.

La culture populaire & la culture "pop" chez BASQUIAT

La culture « pop » pour BASQUIAT, c’est politique, autobiographique et critique. Basquiat vient du graffiti new-yorkais (SAMO). La rue, les ...