BASQUIAT & L’ÉGYPTE ANCIENNE
L'Égypte ancienne occupe une place essentielle dans l'univers de Jean-Michel Basquiat. Contrairement à Picasso, Basquiat ne copie presque jamais l'iconographie égyptienne : il s'approprie ses symboles pour construire une histoire des origines africaines de la civilisation et de l'identité noire.
Basquiat ne reprend pas simplement des motifs égyptiens : il invente une véritable « écriture néo-hiéroglyphique », transformant chaque toile en une stèle où se rencontrent l'Afrique, la culture urbaine new-yorkaise, le jazz, le vaudou et l'héritage pharaonique.
1. L'Égypte comme berceau de la civilisation africaine
Pour Basquiat, l'Égypte représente un passé glorieux, une civilisation scientifique et artistique avancée.
2. Les hiéroglyphes
Son écriture picturale rappelle souvent les hiéroglyphes avec une accumulation de signes, des chiffres, des flèches et des symboles anatomiques.
Ces éléments ne sont pas destinés à être lus de façon linéaire mais comme un système de signes, exactement comme une paroi de temple égyptien où texte et image sont inséparables.
3. Les têtes et les masques
Les célèbres têtes de Basquiat évoquent fréquemment les masques africains mais aussi les portraits funéraires égyptiens. Leurs caractéristiques sont proches : regard frontal, yeux immenses, bouche schématique et immobilité hiératique.
Ces visages semblent appartenir autant aux morts qu'aux vivants.
4. Les animaux sacrés
Basquiat représente fréquemment oiseaux, serpents, chiens, poissons et taureaux. Comme dans l'Égypte ancienne, ces animaux ne sont jamais purement décoratifs : ils possèdent une valeur symbolique ou spirituelle.
5. La mort et l'immortalité
Comme les Égyptiens, Basquiat refuse de séparer vie et mort avec ses squelettes, fantômes, têtes décapitées, anges.
6. Le Livre des morts
Plusieurs œuvres possèdent une structure proche d'un papyrus : succession horizontale de scènes, accumulation de symboles, inscriptions et figures hybrides.
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