TOUT L'OEUVRE de Jean-Michel BASQUIAT

jeudi 4 décembre 2025

BASQUIAT & L'EGYPTE

 












BASQUIAT & L’EGYPTE


L’Égypte comme pivot de l’africanité 


Pour Basquiat, l’Égypte ancienne représentait la preuve visible d’une grandeur noire et africaine souvent occultée dans les récits occidentaux. Elle lui permettait de :

  • Réinscrire l’Afrique dans une histoire civilisationnelle puissante
  • Déconstruire les préjugés racistes qui associent l’Afrique au primitivisme
  • Se situer lui-même dans une lignée culturelle valorisante.


Le profil « hiéroglyphique »


Dans plusieurs œuvres — Nile, Per Capita, dessins de 1981–1983 — Basquiat utilise des figures de profil, très simples, proches des silhouettes des fresques égyptiennes.
Ce style lui permet : d’inscrire ses personnages dans une tradition picturale antique, de créer des « archétypes » noirs, et d’évoquer la continuité culturelle Afrique → Caraïbes → diaspora.


 L’écriture comme hiéroglyphe moderne


Ses mots barrés, listes, répétitions, diagrammes, sont interprétés par certains critiques comme des hiéroglyphes contemporains, une écriture visuelle autonome, qui agit autant par la forme que par le sens.


La royauté : couronnes et pharaons


La célèbre couronne à trois pointes de Basquiat évoque la royauté — non seulement américaine (les héros noirs comme Charlie Parker, Joe Louis, Jesse Owens), mais aussi pharaonique :
un symbole de souveraineté noire réappropriée. Basquiat connaissait les discours occidentaux qui tentaient de « blanchir » l’Égypte ancienne. Il oppose à cela une vision affirmée de l’Égypte comme une civilisation africaine, un modèle intellectuel et artistique, et un héritage dont les Afro-descendants peuvent être fiers.


Création et pouvoir


En s’appropriant les codes visuels de l’Égypte, Basquiat affirme symboliquement :

  • sa propre souveraineté artistique,
  • son inscription dans une généalogie prestigieuse,

  • une forme d’autonomisation culturelle face à un marché dominé par des institutions blanches.


mardi 2 décembre 2025

LES VOYAGES DE BASQUIAT

 






Les voyages de BASQUIAT

Basquiat effectue plusieurs séjours à Paris au début des années 1980 ainsi qu’en Italie (Modène en 1982 et Milan.) Il y travaille notamment dans un atelier mis à disposition par le marchand Bruno Bischofberger.La capitale française influence son imaginaire, notamment la figure du héros noir dans une ville blanche.

1983 : Suisse, Allemagne et Italie, sous la houlette de Bruno Bischofberger et de Warhol. 

Montréal et Tokyo (1984) figurent parmi les destinations où il accompagne certaines expositions, le Japon est une étape marquante. 1987 : Londres. 1988 : le dernier voyage, à Hawaï, où il essaie de se sevrer et de se rétablir.

Mais globalement, Basquiat reste très attaché à New York, qu’il considère comme le centre de sa vie artistique.

Le voyage intérieur : Créer les mythes qui n’existent pas pour réparer une absence.

Basquiat mène un voyage plus intime, le voyage “intérieur” de Jean-Michel Basquiat est peut-être la dimension la plus profonde de son œuvre : un mouvement continu fait d’identité, de mémoire, de douleur, de révolte et de quête de légitimité artistique. 

Une exploration constante de son identité — noire, caribéenne, américaine — dans un monde artistique dominé par des artistes blancs. Le corps humain et l’anatomie deviennent des espaces intérieurs fondamentaux, vers l’essence de l’humain.

On peut aussi citer une recherche esthétique frénétique, presque nomade : changement rapide de styles, de symboles, de techniques en refusant d’être enfermé dans une seule case.

Le langage comme espace mental : mots répétitifs et barrés, listes, collisions de langues, intertexte, publicités et slogans qui lui permettent de voyager dans sa propre bibliothèque intérieure et son « moi » éclaté.

La toile permet à BASQUIAT une recomposition psychique, la couronne est un surmoi réparateur : « Si le monde ne me nomme pas comme sujet, je me couronne moi-même. »

Le geste du graffiti (époque SAMO, fin des années 70) renvoie à une écriture préhistorique, pulsionnelle, rapide, liée : à l’acte, à la trace, à la pulsion de marquer le monde avec ses tags.

Freud parlait de « geste originaire » dans lequel le sujet inscrit sa présence. Chez Basquiat, cet acte primitif est un antidote à l’invisibilisation : inscrire son nom, c’est survivre.

Basquiat se situe dans un conflit permanent entre : le désir (créer, exister, crier, être aimé, être reconnu) et la Loi : les règles du marché de l’art, les codes sociaux, le racisme institutionnel, les attentes de Warhol, la pression de la célébrité. Ce tiraillement génère : une tension pulsionnelle constante, un rapport conflictuel avec l’autorité, une oscillation entre toute-puissance et effondrement.

Son œuvre devient alors un journal inconscient, une autopsie du Moi, une mythologie réparatrice et une lutte contre l’effacement.

vendredi 14 novembre 2025

 


 LES ICÔNES SUR PANNEAUX CHEZ BASQUIAT


Même si Basquiat n’était pas religieux au sens classique, ses œuvres utilisent des icônes culturelles et des figures totémiques qui confèrent aux panneaux un caractère quasi liturgique.

On constate souvent une organisation symbolique verticale (terre / intermédiaire / ciel) comme sur les retables religieux.

Les éléments récurrents sont la couronne et les signes de royauté, les masques et les crânes. Les supports sont des éléments de récupération, portes et volets qui renvoient à l’environnement urbain dégradé où a évolué Basquiat dans le New York des années 70/80




jeudi 13 novembre 2025


           


BASQUIAT ET LES POLYPTYQUES (Diaporama musical)


Jean-Michel Basquiat a utilisé le format du polyptyque (toiles divisées en plusieurs panneaux) pour des raisons à la fois pratiques, esthétiques et conceptuelles :

Un héritage de l’art religieux et classique : Le polyptyque renvoie à une tradition ancienne (retables, triptyques de la Renaissance). En se l’appropriant, Basquiat relie son travail à une histoire de l’art qu’il admire et détourne. 

Une extension du langage visuel : Son œuvre est souvent foisonnante, fragmentée, rythmée par des mots, des figures et des symboles. Le polyptyque lui donnait la possibilité de multiplier les plans et les voix, comme une composition musicale en plusieurs mouvements.

 Un espace narratif éclaté : Plutôt qu’une seule image centrale, Basquiat pouvait développer plusieurs idées en parallèle. Chaque panneau devenait une « case » où se superposaient influences afro-américaines, références scientifiques, culture populaire et critique sociale. Le spectateur devait alors circuler visuellement d’un panneau à l’autre, comme face à un récit non linéaire.

Une énergie fragmentée et urbaine : Le polyptyque évoque les murs de la ville, les graffitis juxtaposés, les affiches déchirées : un patchwork visuel en écho à l’expérience new-yorkaise de Basquiat.


Oeuvres du diaporama musical (Musique dOmar SOSA & Keita SECKOU) 


La plupart de ces oeuvres sont de 1982 ou 1983 :


Horn Players

Notary Custom

Dog Bite

Savonarola

Flesh & Spirit

Nero

Ishtar

Untitled (Ice)

Zydeco

Florence

Six Crimees

Header

Fred

Beast

The Nile

Famous Sausage

Perishable

Mitchell Crew

Frogmen

Son of Barney Hill

The Dutch Settlers

Grillo




vendredi 15 août 2025

BASQUIAT & L'AUTOMOBILE


 



BASQUIAT ET L’AUTOMOBILE


BASQUIAT n’a jamais eu le permis de conduire. À l’âge de huit ans il s’est fait renverser à Brooklyn et a passé deux mois à l’hôpital après une ablation de la rate.

L’automobile est devenu un objet central de son oeuvre, à la fois symbole de violence et de danger, icône de la société de consommation, de la culture populaire et de la vie urbaine. Le taxi de New York est iconique chez Basquiat qui s’en est souvent fait refuser l’accès à cause de sa couleur de peau et de son look. C’est pourquoi il se déplaçait souvent à pied ou à vélo dans Manhattan.

Basquiat a également fait référence aux célèbres « Car Crash paintings » d’Andy Warhol. 


Chez lui, l’automobile est un vecteur ambivalent de réflexion sur la mort et le corps en prise avec le rêve américain. Il a exécuté plus de dessins sur ce thème, que de peintures.



dimanche 27 juillet 2025

LES "VANITÉS" CHEZ BASQUIAT





 Dans l’histoire de l’art, (surtout au XVIIème) une vanité est une représentation symbolique de la mort, de la fugacité de la vie, et de la futilité des biens terrestres.

L’un des symboles les plus emblématiques de Basquiat est le crâne. Le crâne est disséqué, coloré, énergique, souvent vivant. Il représente à la fois la mort et l’identité, notamment afro-américaine, ainsi que la violence historique (esclavage, oppression.)

BASQUIAT associe des crânes à des mots comme "famous", "money", "sugar", ou "black", révélant les tensions entre succès, exploitation, et identité, dans sa dénonciation de la marchandisation de l’art.

Mais il parle aussi de sa propre vie, marquée par une ascension fulgurante, une conscience aiguë de la mort et une fin tragique à 27 ans (overdose).



vendredi 25 juillet 2025

Le collage chez BASQUIAT










Basquiat était un artiste afro-américain, d’origine haïtienne et portoricaine qui revendiquait toutes ses cultures.

 Les collages – en juxtaposant des images et textes disparates – évoquent une identité morcelée, un métissage culturel, et parfois une critique implicite des identités fixes que les sociétés occidentales imposent.

 Il utilisait souvent des coupures de journaux, des mots raturés, des images populaires (logos, dessins animés, publicités), mêlés à des symboles historiques, médicaux ou religieux. Ce mélange chaotique dénonce les discours dominants.

Basquiat a commencé dans la rue avec SAMO©. Le collage est pour lui une extension du graffiti, une pratique libre, spontanée. Il assemble ce qu’il trouve comme un DJ mixant plusieurs sources (musique, texte, visuel).

Cela produit souvent une tension visuelle et narrative : des mots barrés, répétés ; des images superposées sans logique apparente qui forcent le spectateur à chercher un sens.

Enfin BASQUIAT s’inspire aussi du collage en juxtaposant les plans dans un même tableau, avec un effet mosaïque. Il obtient le même résultat avec la technique du « repentir » (le « pentimento » des peintres de la Renaissance italienne qui permet de masquer ou de faire apparaître des personnages, des objets ou organes, ou de modifier leur aspect et leur position.)

jeudi 29 mai 2025

Mes copies de BASQUIAT







 


Sélection de copies de peintres célèbres que j'ai faites pour plusieurs clients, de Basquiat à Matisse en passant par Klee, Soutine, Hopper, Miro, Sorolla et Georges de La Tour. Formats et supports variables, à la demande. Expéditions dans le monde entier. [https://www.etsy.com/shop/ARTCONCEPTCopies]



jeudi 22 mai 2025

6 am

 


"A.M. Jean-Michel BASQUIAT in the loft." Photos Polaroid de Maripol, 1982.

Basquiat et son amie Maripol sont rentrés du Mudd Club au petit matin et il a peint dans le loft de Maripol les portraits du photographe Edo Bertoglio, de Maripol, de sa compagne Suzanne Mallouk, Jeffrey Bretschneider, Arto Lindsay et la chat "Atom" en quelques minutes. Maripol a pris ces polaroids à 6 heures du matin (6 am) et a nommé l'ensemble "A.M."




Jean-Michel Basquiat and Maripol photographed at her downtown New York loft, 1982.


Jean-Michel painted portraits of Edo Bertoglio, Jeffrey Bretschneider, Arto Lindsay, Suzanne Mallouk, Atom the cat, and Maripol, who recalled:


"I call this picture A.M., because it was shot in our loft, at six in the morning, after the Mudd Club. He had just painted our portraits, which you see behind him. I'm the one with the hoop earrings and the hat and the glasses. It was an instant moment long before Instagram was invented."

La culture populaire & la culture "pop" chez BASQUIAT

La culture « pop » pour BASQUIAT, c’est politique, autobiographique et critique. Basquiat vient du graffiti new-yorkais (SAMO). La rue, les ...