Jean-Michel Basquiat entretenait une relation complexe avec les marchands d'art et le marché de l'art en général, un aspect central de sa vie et de son héritage.
- En 1981, l'écrivain et critique d'art René Ricard a publié l'article "The Radiant Child" dans Artforum, ce qui a catapulté Basquiat au centre de l'attention du monde de l'art.
- Basquiat a attiré des marchands influents comme Annina Nosei, qui a joué un rôle essentiel en lui offrant un espace de travail dans la galerie, mais aussi en le positionnant comme une figure centrale du marché.
- BASQUIAT entretenait une relation ambivalente avec les galéristes.
Annina Nosei : Si elle a aidé à établir la carrière de Basquiat, leur collaboration s'est dégradée lorsqu'il a ressenti qu'il était exploité, notamment parce qu'il peignait dans le sous-sol de la galerie, ce qu'il percevait comme un acte déshumanisant.
Mary Boone : Une autre marchande influente de l'époque, qui a contribué à accroître sa visibilité tout en profitant de son image et de son succès financier.
Bruno Bischofberger : Basquiat a développé une relation longue mais parfois tendue avec ce marchand suisse, qui l'a présenté à Andy Warhol. Bischofberger jouait aussi un rôle central dans la vente de ses œuvres à l'international.
Basquiat a souvent dénoncé le racisme latent dans le monde de l'art. En tant qu’artiste noir dans un univers majoritairement blanc, il était à la fois fétichisé et marginalisé. Il sentait que certaines personnes ne voyaient pas au-delà de son image d’"enfant prodige noir", reléguant ses œuvres à un exotisme plutôt qu’à un véritable génie artistique. Il a dit : "I’m not a black artist, I’m an artist."
- Basquiat a vendu des œuvres à des prix astronomiques pour son époque, devenant l’un des jeunes artistes les mieux payés de son temps.
- Mais ce succès commercial a aussi contribué à son isolement. Il exprimait souvent son inconfort face à la marchandisation de son art, le sentiment qu’il perdait le contrôle de son propre travail dans un marché qui valorisait davantage les profits que la vision artistique.
Basquiat est resté une figure emblématique du dilemme entre l'art et le commerce. Sa carrière fulgurante a montré comment le monde de l'art peut élever un talent brut tout en le dévorant. En même temps, il a réussi à subvertir le système, utilisant son art pour critiquer les institutions mêmes qui le célébraient.
« DUSTHEADS »1982. Vendu $48 millions en 2013. « DEVIL»1982. Vendu $85 millions en 2022.
« VERSUS MEDICI » 1982. Vendu $50 millions en 2021. « SKULL » 1982. Vendu $110 millions.




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