TOUT L'OEUVRE de Jean-Michel BASQUIAT

dimanche 3 décembre 2023

  BASQUIAT & SON PÈRE



Les rapports de Basquiat avec sa famille semblent avoir toujours été conflictuels. Il raconte à ses petites amies et à ses galeristes que son père le battait quand il était enfant (Gérard Basquiat le nie, disant n’avoir jamais fait que fesser son fils avec une ceinture). “Ma mère est devenue folle parce qu’elle était malheureuse avec mon père”, confie-t-il à un journaliste. 

Il se faisait aussi passer pour un enfant des rues. “L
a première fois que j’ai rencontré son père, avec son costume trois pièces et sa raquette de tennis, je suis resté sous le choc, dit Gallo. Jean s’était forgé une identité de gamin issu du ghetto et qui n’aspirait qu’aux attributs de la bourgeoisie.”

Basquiat raconte même que son père lui a donné un coup de couteau. “Il avait une petite cicatrice sur les fesses”, dit un ami. “J’étais un père strict, mais pas sévère, se défend Gérard Basquiat. Je viens d’une famille aisée d’Haïti, d’un milieu où j’ai reçu une solide éducation fondée sur la discipline. C’est comme ça que j’ai élevé mon fils. Ecrivez ce que vous voulez sur Jean-Michel qui était soi-disant un enfant battu. Je sais que c’est faux.” On peut comprendre la colère de Gérard Basquiat. “En tant que père seul avec ses enfants, je subissais une énorme pression. Mais je n’ai aucun regret. La toxicomanie de Jean-Michel est pour moi une grande source de culpabilité. Je n’étais pas au courant. Si tel avait été le cas, je l’aurais envoyé en cure.”

“Est-ce qu’on a été battus quand on était petits ?, s’étonne Lisane, la soeur de Basquiat. Non. Si mon père était violent avec nous ? Absolument pas. On a pris des raclées comme tous les gamins. Je ne veux pas gâcher votre article, mais tout ça n’est qu’un tissu de mensonges.” Jean-Michel vit une relation d’amour-haine avec son père, faisant parfois tout pour lui plaire, à d’autres moments semblant le provoquer délibérément.

Jean-Michel fait presque exprès de mal gérer son argent (alors que Gérard, comptable, lui a plusieurs fois proposé son aide). Les slogans SAMO© ridiculisent les valeurs chéries par son père. “Cette ville grouille de faux-culs de la classe moyenne qui essaient de se faire passer pour riches ; ils ne s’intéressent qu’aux apparences. Ça me rend dingue. Dès son plus jeune âge, son objectif avoué était de devenir célèbre, et il s’y attelle de manière calculée, bien qu’erratique. “Jean-Michel a écrit son propre scénario, dit Mary-Ann Monforton, qui l’a connu quand il avait 16 ans. Il avait une mission à accomplir. Il voulait à tout prix devenir quelqu’un.”



Le lendemain de son premier vernissage, Basquiat fait un retour triomphal à Brooklyn en limousine. “Il devait être 6 h 30 et j’étais en train de m’habiller, dit Gérard Basquiat, qui n’avait eu son fils que deux fois au téléphone depuis qu’il avait quitté la maison. Jean-Michel portait un costume rayé. Il est entré dans la cuisine et m’a dit : ‘Papa, ça y est, j’ai réussi.’ Et il a donné une liasse de billets à sa petite soeur Jeanine.” Gérard a assisté au vernissage de l’exposition suivante : “Quand je suis entré, j’en ai eu des
frissons. C’était l’un des plus grands moments de ma vie, voir du Basquiat sur les murs, ma chair et mon sang.”

A partir de là, Gérard Basquiat fait partie de la vie artistique de son fils par intermittence. Il vient aux vernissages et dans les clubs, et invite même Andy Warhol à dîner chez lui. 


Jean-Michel a sans doute été un enfant indiscipliné. Mais quand on pense à sa personnalité, à ses terribles sautes d’humeur, à sa paranoïa, ce n’était pas dû qu’à un problème de drogue. Il était obsédé par son père.


BASQUIAT & SON PÈRE`


Basquiat entretenait une relation complexe avec son père autoritaire, Gérard Basquiat. Les tensions entre eux ont souvent conduit à des conflits, et à l'adolescence, Jean-Michel a fini par quitter la maison familiale après une dispute violente pour aller vivre dans la rue.
Le manque d’un soutien paternel émotionnel a peut-être contribué à l’errance et à la souffrance intérieure de Basquiat. Il a souvent exploré les thèmes du rejet, de la solitude et de l’identité dans ses peintures. Son besoin de reconnaissance, notamment auprès d’Andy Warhol et de Bruno Bischofberger, peut être interprété comme une tentative de combler ce vide.
Basquiat a souvent intégré des figures paternelles symboliques dans ses peintures. On retrouve des références aux rois, aux boxeurs, aux musiciens de jazz comme Charlie Parker ou Dizzy Gillespie – des hommes noirs qui ont marqué l’histoire et auxquels il s’identifiait.
Basquiat oscillait entre la recherche d’une validation masculine et le rejet des figures autoritaires. Cette dualité se traduit dans son art par la représentation de personnages couronnés, symbolisant le pouvoir, mais aussi la vulnérabilité et l’isolement.






 



LES DERNIERS JOURS DE BASQUIAT



Le vendredi 12 août était une nouvelle journée de canicule. Kelly Inman s’inquiétait. Cette jeune femme de 22 ans qui vivait au rez-de-chaussée de l’immeuble de deux étages qu’Andy Warhol louait à Jean-Michel Basquiat au 57 Great Jones Street savait que le peintre avait l’habitude de dormir toute la journée. Vers 14 h 30, quand elle monta voir s’il allait bien, Basquiat était profondément endormi dans son immense lit. Vers 17 h 30, il reçut un appel et Kelly remonta lui transmettre le message. Cette fois, elle le trouva étendu sur le sol, face contre terre. Elle appela les urgences. L’ambulance emmena Jean-Michel Basquiat, mais il était trop tard. 


Artiste mondialement célèbre et toxicomane de longue date, il s’est éteint à 27 ans. Basquiat rentrait d’un séjour de plusieurs mois à Hawaii. C’est généralement là qu’il allait se sevrer, se contentant d’alcool et de marijuana dans un ranch qu’il louait à Hana sur l’île de Maui. Il était rentré en pleine forme et s’apprêtait à repartir, cette fois en Afrique, avec quelques amis (à qui il offrait le billet d’avion, comme d’habitude).

“Quand je suis à Hawaii, je ne pense pas à la drogue”, avait-il confié à son vieil ami Vincent Gallo. “Faut que je sorte de New York.” 

Il a dit qu’il allait s’acheter une clarinette et qu’on allait refaire de la musique ensemble. Du jazz-rap. Quand je lui ai demandé ce que c’était, j’ai perçu une étincelle dans son regard. Il m’a répondu : ‘Tu comprendras dès qu’on s’y mettra.’” 

Mais le jeudi 11

, Basquiat a replongé. Des amis disent l’avoir vu traîner dans l’East Village, vraisemblablement en quête de drogue. L’après-midi, il piquait du nez. “Il est tombé deux fois de sa chaise alors qu’il peignait”, rapporte un ami passé à son atelier ce jour-là.


“Il n’était pas en grande forme, dit Kelly d’une voix tremblante, mais c’était bon de le voir sortir de chez lui. Il m’a donné une tape sur l’épaule, m’a serré la main et m’a dit : ‘J’en ai vraiment marre.’ Je lui ai dit que moi aussi. Il m’a dit ‘je t’aime’, j’ai répondu ‘je t’aime aussi’.”

Kelly, une beauté androgyne au nez piercé d’un minuscule diamant, se met à pleurer. Elle a rencontré Basquiat un an plus tôt.

“Un jour, il m’a dit que les seuls artistes vraiment importants étaient ceux qui étaient morts jeunes”, confie Kelly Inman.


Basquiat est bouleversé par la mort de WARHOL. “Il a fait une grave dépression, dit Brathwaite. Il pleurait beaucoup et portait un brassard noir. Basquiat devient de plus en plus solitaire. Jusqu’à ne plus quitter son loft de Great Jones Street. De temps en temps, il essaie de se sevrer. “Sa productivité a beaucoup chuté, explique un ami. Contrairement à sa production artistique, sa consommation de drogue ne fait qu’augmenter.


La dernière tentative de sevrage de Basquiat commence en juin, quand il part à Hawaii. Il parle de s’y installer, de devenir cuisinier dans un restaurant et de pêcher du poisson pour vivre. “Je lui ai dit de ne pas revenir, dit Kelly Inman. Je lui ai dit que je lui enverrais du matériel pour peindre. Mais il a fini par s’ennuyer et est rentré à New York.”


Jean-Michel Basquiat n’a pas laissé de testament. Il est enterré en août 1988 au cimetière Greenwood de Brooklyn à l’issue de funérailles familiales en comité restreint.

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